PSG-Monaco: Claudio Ranieri, l'Italien caméléon en tête de la Ligue 1

Romain Baheux

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L'entraîneur de l'AS Monaco Claudio Ranieri le 4 août 2013.
L'entraîneur de l'AS Monaco Claudio Ranieri le 4 août 2013. — PDN/VILLARD/SIPA

Dans l’imaginaire du monde du football, un entraîneur italien est strict, a des principes de jeu très arrêtés et arrive avec un CV long comme un banc de touche et un surnom ronflant. Dans le cas de Claudio Ranieri, entraîneur du leader monégasque qui vient défier le PSG ce dimanche, oubliez tout ça. Enfin pas tout à fait. L’Italien a certes écumé les bancs des grands d’Europe comme Chelsea, Valence, la Juventus Turin, l’Inter Milan ou l’AS Rome mais a été congédié à plusieurs reprises et a dû attendre son arrivée sur le Rocher pour remporter son premier titre de champion national. Et encore de Ligue 2.

Pour l’instant, Claudio Ranieri a au moins réussi son premier pari en parvenant à faire jouer ensemble les Falcao, Moutinho et Toulalan et à développer un football offensif et agréable à voir. Invaincus en Ligue 1, les Monégasques ont confirmé qu’il faudrait compter avec eux pour au minimum une place en Ligue des champions avec un succès au Vélodrome début septembre. «Cette victoire (1-2) m’a rappelé les principes de jeu qu’il mettait en place à Valence, raconte Jocelyn Angloma, qui l’a connu en Espagne. Il voulait qu’on se projette vite vers l’avant. Quand on allait jouer à Madrid ou Barcelone, on y allait pour gagner.»

«Il a tendance à beaucoup rigoler avec les joueurs»

L’Italien n’a pas de principes de jeu très arrêtés pourtant. A l’Inter Milan et l’AS Rome, il n’a pas hésité à pratiquer un football très défensif pour arriver à ses fins. Versatile dans ses principes de jeu, Ranieri s’attache à être proche de ses joueurs. «Il est très agréable à vivre, raconte l’ancien milieu de l’ASM Stéphane Dumont qui l’a vu arriver sur le Rocher il y a un peu plus d’un an. Au premier abord, on pourrait penser que c'est quelqu'un de froid, mais il a tendance à beaucoup discuter avec les joueurs et à rigoler avec eux.» «Il venait parfois dîner avec nous quand on sortait, poursuit Angloma. Avec les hommes, il sait comment s’y prendre.»

Quitte à passer en force quand il juge l’équilibre de l’équipe en péril. A Rome, il n’a pas hésité à mettre la star de l’équipe Francesco Totti sur le banc de touche. Pas très stratégique mais l’Italien n’est pas du genre à s’inquiéter de l’ego de ses vedettes. «Même si tu es une star, tu dois bosser à l’entraînement, raconte Angloma. Je l’ai vu à Valence avec Ariel Ortega (ancien meneur de jeu argentin). Le courant n’a pas pris car il ne travaillait pas autant qu’il le souhaitait.»

A Monaco, l’Italien ne s'est pas accroché avec ses stars et conserve la confiance de ses dirigeants. Ce jeudi, le vice-président monégasque Vadim Vasilyev a estimé dans les colonnes de L’Equipe que «Ranieri mérite Monaco. C’est un «top-niveau».» Au point de surprendre le PSG sur une saison pleine?