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Ryan Mendes et le Cap-Vert ne sont plus qu’à deux matchs de la coupe du monde au Brésil
FOOTBALL – L’attaquant lillois nous raconte comment son île grande comme la ville de Lyon en est arrivée là…A Lille, François Launay
Rarement cette petite île de 4.000 km2 aura connu une telle effervescence. Samedi, tout le Cap-Vert a passé la nuit à célébrer ses héros footballeurs. Vainqueurs en Tunisie (0-2) lors des éliminatoires du Mondial 2014, les «Requins Bleus» ont décroché le droit de disputer les barrages de la zone Afrique. Un exploit inimaginable pour cet archipel de 500.000 habitants, situé au large du Sénégal, qui n’est plus qu’à deux matchs (aller-retour) d’un incroyable exploit. «On n’a pas eu le temps de rentrer au pays pour profiter de tout ça mais je sais que tout le monde a fêté ça», assure Ryan Mendes, star de la sélection.
Le déclic de la coupe d'Afrique
«Depuis plusieurs mois, les choses ont changé au pays. Désormais, les gens nous arrêtent dans la rue et nous demandent des autographes, chose qu’ils ne faisaient pas avant», raconte l’attaquant du Losc. Tout a changé depuis la première participation du pays à la coupe d’Afrique des Nations 2013. En janvier dernier, le Cap Vert était déjà bien content de se mêler à la fête. Une insouciance qui a permis aux «Requins Bleus» de se hisser jusqu’aux quarts de finale (éliminé par le Ghana 2-0). «A partir de ce moment-là. Les gens ont commencé à croire en nous», poursuit Mendes.
Entraînement au Portugal
Galvanisé par cet engouement populaire, le Cap-Vert est sorti de l’anonymat dans lequel il vivait depuis très longtemps. La faute à des moyens financiers très faibles et des conditions d’entraînement d’un autre temps qui ont longtemps retardé l’éclosion d’une véritable équipe. «On n’a pas beaucoup d’argent mais la fédération a fait des efforts pour qu’on puisse profiter des matchs amicaux pour travailler. C’est difficile de s’entraîner au pays car il n’y a qu’un synthétique. Du coup, on se retrouve souvent au Portugal au centre d’entraînement du Sporting Lisbonne.»
Un seul joueur évolue au Cap-Vert
Le Portugal, l’ancien pays colonisateur, où évolue la plupart des joueurs de la sélection. Seuls Mendes et Tavares (Dijon) sont pour l’instant en France. Le reste est éparpillé à travers l’Europe sauf le gardien remplaçant, seul membre de la sélection à jouer encore au pays. «Notre sélection est dirigée par Lucio Antunes, qui a appelé beaucoup de jeunes espoirs qui avaient remporté avec lui les Jeux de la lusophonie en 2009. Cela fait des années qu’on a le même groupe et le même staff technique. On avance tous ensemble et on met tout ce qu’on a pour notre pays», conclut un attaquant lillois qui rêve d’emmener tout ce beau monde au Brésil en juin prochain. Histoire de faire connaître son pays à travers le monde entier.



















