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Pro A/Nanterre: «L'Euroligue ne remplace pas les dollars», pour Pascal Donnadieu

Pro A/Nanterre: «L'Euroligue ne remplace pas les dollars», pour Pascal Donnadieu

BASKET – L'entraîneur des JSF n'a pas vu son mercato révolutionné par le titre de champion...
Propos recueillis par Julien Laloye

Propos recueillis par Julien Laloye

Il y a trois mois, leur titre de champion de France avait bluffé la France entière. Mais il n’a pas changé la vie de Pascal Donnadieu, l’entraîneur des basketteurs de Nanterre, qui doit toujours jongler avec un budget riquiqui et un recrutement sur le fil pour espérer doubler Pro A et Euroligue sans trop de dommages cette saison.

Avez-vous l’équipe que vous désiriez avant cette saison chargée?

Il faut faire avec les réalités économiques. On aurait bien aimé avoir un ou deux joueurs un peu plus référencés pour affronter la saison qui nous attend, mais vu nos contraintes financières, on a dû miser sur de jeunes joueurs.

Cela n’a pas été plus facile de recruter avec le titre et la perspective de l’Euroligue?

L’été n’a pas été plus ou moins compliqué que d’habitude. Vous savez, les titres et l’Euroligue ne remplacent pas les dollars. Les joueurs que vous pouvez faire, c’est lié au contrat que vous pouvez leur offrir, rien de plus. On aurait pu signer plus de monde si on avait l’argent, même sans l’Euroligue.

Et garder Lighty, le MVP des derniers playoffs, qui a préféré partir?

Pas spécialement. Lighty est tout à fait dans ce qu’on avait défini ensemble. Il voulait tenter sa chance en NBA et exploiter le filon jusqu’au bout. On aurait préféré qu’il revienne chez nous mais il n’y a pas déception par rapport à ça.

Vous disiez vouloir consacrer 100.000 euros de plus à la masse salariale cette saison? Le cahier des charges a-t-il été respecté?

Tout ce que je peux vous dire, c’est qu’on a augmenté un peu le budget, de l’ordre de 20% [il était de 2,7 millions d’euros l’an passé] mais ça ne part pas que dans les salaires et c’est encore très loin de ce qui se fait de mieux en Pro A. Et je ne vous parle même pas de l’Euroligue.

Il n’y a donc pas de risque de voir Nanterre prendre la grosse tête?

On n’a aucun problème avec ça. Tout le monde à Nanterre sait très bien qu’on est un champion atypique, on est très lucide par rapport à ça donc on ne risque pas de changer. L’objectif reste de stabiliser le club en Pro A, le reste on s’en fout.

Même de l’Euroligue?

L’Euroligue, c’est le rêve, mais moi ce qui m’importe, c’est le championnat. C’est une grosse crainte que j’ai de nous voir galérer en Pro A. On sait qu’on va être attendus partout, on a perdu notre meilleur joueur, et les Américains qu’on a recrutés doivent s’adapter à l’Europe.

Révéler des potentiels, c’est toujours dans vos habitudes, non?

Oui, mais ça c’est quand on était à un niveau un peu moindre. Il faut être prudent. Leslie Travis et Deshaun Thomas ont un fort potentiel, mais il leur manque la maturité. Quand à Jaiteh, c’était peut-être le meilleur Français de Pro B la saison passée, mais sur ce qu’on a vu à l’entraînement, il reste énormément de travail pour qu’il soit compétitif, ne serait-ce qu’en Pro A dans l’immédiat.

Seront-ils au niveau pour l’Euroligue?

L’Euroligue, on y va pour essayer de se faire plaisir. De toute façon, je ne vois pas trop où on peut gagner un match, ni contre qui. A partir de janvier, il y aura l’Eurocoupe, qui peut devenir un objectif si on ne s’en sort pas trop mal en championnat. Mais la priorité, ça reste la Pro A et faire les playoffs. Ce serait sympa.