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Tour d’Espagne: Le Tour de force des grimpeurs français

Tour d’Espagne: Le Tour de force des grimpeurs français

CYCLISME Pinot, Geniez, Barguil et Edet cartonnent sur les routes de montagne espagnoles…
Romain Scotto

Romain Scotto

Il n’y a pas de maillot distinctif ou de prime exceptionnelle à la clé, mais le «titre» de meilleur Français sur la Vuelta était l’un des plus disputés cette année. Un an après la retraite du grimpeur spécialiste ès Vuelta David Moncoutié, les coureurs tricolores ont gagné quatre étape (Barguil par deux fois, Geniez et Elissonde samedi dans l'Angliru), un maillot à pois (Edet) et possèdent un coureur placé au général (Pinot, 7e). Une réussite assez rare sur un grand Tour, «mais pas si surprenante» selon Christophe Moreau, ancien grimpeur et leader d’équipes françaises.

Moins de pression. Un mois et demi après la fin du Tour de France, le soufflé est soudainement retombé autour des coureurs français. Moins attendus et sollicités par le public ou les médias, certains semblent plus à l’aise. C’est le cas de Thibaut Pinot, au contact des leaders dans les sommets. Pour Moreau, c’est le fruit «d’une approche de course idéale. Il n’a pas dû répéter, ressasser, réécrire le mot “Vuelta” quatre-vingts fois par jour. Au Tour, on avait l’impression qu’il pédalait avec une brouette de briques sur les épaules. Là, il est arrivé la fleur au fusil parce qu’on lui a lâché la grappe, sans mauvais jeu de mot [l’un des entraîneurs de la FDJ s’appelle Frédéric Grappe].» Celui qui avoue une phobie des pourcentages négatifs s'est même parfois permis d'emmener le peloton dans les descentes. Impensable il y a encore un mois.

Une programmation adéquate. Dans la planification d’une saison cycliste, tout est une question de pics de forme. Les Français aux avant-postes sur la Vuelta avaient forcément prévu leur coup depuis longtemps. Barguil (Argos) Elissonde (fdj) ou Edet (Cofidis) n’étaient pas présents sur le Tour et avaient fait de l’Espagne leur rendez-vous principal de la fin d’année. Pinot, lui, avait quitté le Tour prématurément, malade, avant de repartir à l’entraînement. Quant à Geniez, il est «sorti du Tour fatigué mais pas épuisé». Bon choix. Pour Moreau, ce tableau confirme qu’il est compliqué de briller sur deux grands Tours d’affilée. «Ces coureurs-là ont une fraîcheur que n’ont pas les autres. Ce n’est pas parce que le Tour est fini qu’on est bon à rien.»

Un peu moins d’adversité. Sans rien enlever au mérite des coureurs concernés, il n’est pas infamant de juger le niveau général du Tour d’Espagne moins relevé que celui du Tour de France. «Le plateau est moins prestigieux, avoue Moreau. Ce sera toujours un peu moins la guerre des tranchées sur une Vuelta que sur un Tour. Il n’y a pas cette folie qui s’empare des coureurs et des gens», poursuit le consultant Eurosport. Sans compter les grimpeurs (Uran, Henao, Bettancourt, Mollema) au bout du rouleau après huit mois de compétition. Sur les pentes espagnoles, Nicolas Edet n'a compté que deux réels adversaires (Ratto et Cardozo) dans les Grand Prix de la montagne, en dehors des leaders du général. Suffisant pour ramener chez Cofidis le maillot porté pendant quatre ans par Moncoutié (de 2008 à 2011).