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Mercato: Les petites combines des clubs pour réduire leur masse salariale
FOOTBALL – Ou comment faire signer des joueurs dans un contexte de crise économique…Romain Scotto
«Dégraisser», «vendre pour pouvoir acheter», «alléger sa masse salariale» sont des expressions bien connues des présidents de L1. A l’exception de Monaco ou Paris, tous les clubs surveillent de près leur porte-monnaie, afin de présenter des comptes équilibrés devant la DNCG, la Direction nationale de contrôle de gestion. Cela pousse d’ailleurs certains présidents à s’adapter. En plein mercato, 20 Minutes dresse la liste des astuces qui permettent à un club de ne pas passer pour le mauvais élève.
Des salaires indexés sur la performance. En Ligue 1, rares sont les joueurs dont les salaires ne possèdent pas une part variable, indexée sur les résultats de l’équipe. Cette politique de la carotte est clairement assumée par les présidents en temps de crise, dont Bernard Caïazzo, très attaché au «salary cap». A Saint-Etienne, aucun salaire n’excède 90.000 euros avec une part variable de 40%. «Le complément est versé en fonction du rang de l’équipe en championnat, ou en Coupe», indique un agent français. A Marseille, Romao, Sougou ou Kadir ont aussi signé pour une rémunération inférieure à 100.000€ mais une part variable conséquente en cas de qualification en C1. Autre pratique fréquente, la prime au nombre de matchs disputés. «On fixe un montant s’il en joue, dix, vingt ou trente par exemple. Ce n’est pas illogique», enchaîne Paul Schianchi qui travaille sur le mercato lorientais et rennais cet été. Le nombre de sélections internationales peut aussi être intégré dans la négociation. En revanche, les salaires sont très rarement indexés sur les performances individuelles (nombre de buts, passes décisives) puisque «cela pousserait les joueurs à des comportements égoïstes», indique un agent.
Les prolongations de contrats à la baisse. Toute prolongation de contrat n’est pas anodine. «Prenez un joueur qui a 31 ans et à qui il reste un an de contrat. Il gagne 500.000 euros par an. Le club va lui proposer de le prolonger d’un an et de gagner 700.000 euros sur deux ans», indique un autre agent français, préférant rester discret. Sur l’année, la masse salariale du club est donc divisée d’un tiers. «Par sécurité, certains joueurs vont accepter pour ne pas être à la rue l’année d’après.» Une astuce courante qui ne lèse pas forcément les joueurs, surtout en fin de carrière. Il existe aussi des cas de contrats dégressifs d’une année sur l’autre en cas de risque de blessures par exemple. A Lorient, c’était le cas de Jérémy Aliadière, qui a finalement été revalorisé en fin de saison dernière.
Les primes absurdes. Si les primes à la signature s’apparentent à un versement de salaire anticipé, il existe aussi une pratique inverse qui consiste à assurer en fin de saison une prime à un joueur, sans que cela soit assimilé à une part de son salaire. «Quand un club de L2 joue la montée et qu’il promet des primes de maintien à ses joueurs, c’est absurde, mais au moins en début de saison, le club allège sa masse salariale», note un agent.
Les prêts déguisés. Pour dégraisser, le prêt est l’une des options les plus courantes du mercato. Deux types d’opérations sont possibles. La plus simple consiste à laisser au club emprunteur une partie de la charge du salaire, comme c’était le cas pour Barton à l’OM, ou Bodmer à Saint-Etienne. L’autre, beaucoup plus subtile, consiste à payer un club emprunteur afin que celui-ci verse le salaire du joueur en question. Devant la DNCG, le salaire du joueur prêté n’apparaît donc plus dans les comptes du club prêteur.
Le plan épargne entreprise. Quand une partie du salaire du joueur est versée sur un PEE, un plan épargne entreprise, les sommes en questions sont exonérées de charges pour le club. «Ça se pratique pas mal. C’est un salaire un peu déguisé», reconnaît Schianchi qui regrette que la plupart des joueurs soient contraints d’accepter ces montages. Le versement des sommes est parfois très compliqué puisque la loi bloque toute sortie d’argent pendant cinq ans (sauf cas de déblocage anticipé autorisé).


















