Tour de France 2013: Pourquoi on ne peut pas comparer Christopher Froome à Lance Armstrong

Romain Baheux

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Christopher Froome, vainqueur du Tour de France 2013.
Christopher Froome, vainqueur du Tour de France 2013. — AFP PHOTO / PASCAL GUYOT

De notre envoyé spécial à Annecy-Semnoz (Haute-Savoie)

Un deuxième pointé à plus de cinq minutes à l’arrivée à Paris, trois victoires d'étape, une démonstration pour assommer la concurrence lors de la première arrivée au sommet… Ce dimanche, Christopher Froome va remporter son premier Tour de France avec des références dignes de Lance Armstrong. Si le parallèle est possible sur le simple plan de la performance sur une Grande Boucle, difficile de pousser la comparaison beaucoup plus loin entre les deux hommes. Explications.
 
Parce que leurs caractères sont trop différents. Au bout du fil, l’un des formateurs de Christopher Froome Michel Thèze aborde de lui-même le sujet. «J’ai lu qu’on dressait un parallèle entre lui et Armstrong, je trouve ça complètement aberrant, explique celui qui était le patron du Centre mondial du cyclisme lors du passage du Britannique en 2007. Chris est quelqu’un très bien éduqué et d’une grande correction.» Discret, le Britannique ne possède pas l’arrogance et le très fort tempérament de l’Américain. L'année dernière, Froome s'est ainsi écrasé pour ne pas disputer la victoire du Tour à son leader Bradley Wiggins.
 
Parce qu’il n’est pas craint par ses rivaux. Des adversaires qui se vantent d’avoir «démonté la Sky» après une étape de montagne, des attaques dans les descentes, une bordure où il perd une minute… Supérieur dans les ascensions et en contre-la-montre, Christopher Froome a été attaqué à plusieurs reprises par ses adversaires sur des terrains moins habituels. Un crime de lèse-majesté inimaginable quand Lance Armstrong dictait sa loi au peloton au plus fort de son règne. «Froome ne bénéficie pas du même respect de la part de ses rivaux, souligne Cyril Dessel, coureur sous le règne de l’Américain. Armstrong était le boss, Froome n’a bénéficié d’aucun passe-droit de la part de ses adversaires qui l’ont attaqué n’importe où.» Sans réussir à le faire craquer.
 
Parce que sa communication est moins agressive. «Je suis triste que l’on parle de ça après une victoire historique au Mont Ventoux. Derrière, il y a énormément de travail, ça n’est vraiment pas cool.» En trois semaines d’interrogations médiatiques sur son intégrité et sur un éventuel dopage, voilà la réplique la plus violente sortie de la bouche de Christopher Froome lors de la deuxième journée de repos lundi. Pendant le Tour, sa formation a multiplié les coups de com’ pour tenter de garantir l’intégrité de son champion. Stoïque, le Britannique est toujours resté dans le registre de la compréhension face aux iquestions. Lors de sa domination, Armstrong s’en prenait verbalement aux journalistes qui l’interrogeaient sur le sujet en conférence de presse. Un rapport de force toujours soigneusement évité par le futur vainqueur du Tour 2013.