Route du Rhum : Lemonchois, le skipper des records

©2006 20 minutes

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En Guadeloupe, on attendait dans la nuit l'arrivée de Lionel Lemonchois. En vainqueur. A 20 h, heure française, il ne restait que 129 milles à parcourir (soit 232 km) au skipper de Gitana XI pour achever, moins de huit jours après son départ de Saint-Malo, cette Route du Rhum 2006. Il améliorerait au passage le temps nécessaire pour joindre seul et à la voile la France aux Antilles. Le record de l'épreuve, douze jours et huit heures, était détenu depuis 1998 par Laurent Bourgnon. Le deuxième, Pascal Bidégorry (Banque-Populaire), accusait 207,4 milles de retard. Mais il restait à Lemonchois à contourner l'île par l'ouest. « Un endroit où les vents peuvent passer de 0 à 25 noeuds en 30 secondes », soulignait le skipper. Menée par Loick Peyron, l'équipe Gitana a mis en place un dispositif d'observation des vents, sur l'eau et en l'air, pour lui éviter les pièges.

Peu connu du grand public, Lionel Lemonchois est pourtant un habitué des podiums. Vainqueur en double l'an dernier de la Transat Jacques Vabre, il était, quelques mois plus tôt, membre de l'équipage d'Orange II, auteur du plus rapide tour du monde jamais effectué à la voile. Ce printemps, la victoire lui échappé pour dix-huit minutes sur la Transat AG2R. Roland Jourdain, qui menait hier soir la flotte de monocoques, évoque un marin « libre et sans pression ». « Sur un bateau, parfois on a froid ou on en a marre. Lui jamais », assure Bidégorry.

A 46 ans, Lemonchois a toujours préféré avaler les milles que courtiser les sponsors. Il a disputé quatre Mini-Transats, une course sans confort sur des voiliers de 6,50 m. Pour beaucoup, elle n'est qu'un tremplin, lui en fit sa chapelle. « Il a bouffé de la vache enragée, confirme Loïck Peyron. Du coup, sur un bateau, il sait tout faire. » A terre, il lui restait à apprendre à affronter seul honneurs et micros.

G. Magne (Kaora Press)