Tour de France 2013: Pour Thibaut Pinot «ce sera plus difficile car il n'y a plus d'effet de surprise»

Romain Baheux

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Thibaut Pinot veut finir dans les dix premiers du classement général du Tour de France 2013.
Thibaut Pinot veut finir dans les dix premiers du classement général du Tour de France 2013. — SYLVAIN THOMAS / AFP
L’an dernier, Thibaut Pinot était l’une des belles histoires du Tour de France. Celle de ce jeune coureur de 22 ans retenu à la dernière minute et qui achève sa première Grande Boucle avec une victoire d’étape et une dixième place au classement général. Un an plus tard, le coureur de la FDJ se sait beaucoup plus observé et entend encore s’incruster parmi le gratin du Tour qui débute samedi.
 
En un an, votre approche du Tour de France a énormément changé…
L’année dernière, c’est vrai que j’étais venu un peu comme ça, pour me tester sur un Grand Tour. Cette année, je sais que je suis attendu et l’objectif va être de faire un Top 10. Ça ne sera pas facile. On verra après la première semaine, si j’arrive à éviter les chutes et les cassures. Si j’ai pris trop de retard, je pourrais me rabattre sur le maillot de meilleur grimpeur.
 
Auriez-vous pu faire la même performance l’année dernière si les favoris vous avaient surveillé dès le départ?
Je n’avais pas de pression et je sais que c’est un aspect qui peut bouffer beaucoup de jus. Ma victoire d’étape en première semaine m’a également aidé à me placer. Maintenant, il n’y a plus d’effet de surprise, je sais que ça va être plus difficile.
 
Après le Tour 2012, à quel moment avez-vous constaté avoir changé de statut?
Lors de la présentation du Tour de France 2013 à l’automne. J’ai eu énormément de demandes de journalistes ce jour-là et ça a continué tout l’hiver. C’est là que j’ai pris conscience que tout le monde allait m’attendre sur ce Tour. Pour moi qui suis assez jeune, ce n’est pas quelque chose de facile à vivre. Mon frère (entraîneur à la FDJ) m’aide beaucoup à gérer cet aspect-là du métier.
 
Qu’avez-vous changé dans votre préparation cette année?
J’ai été reconnaître toutes les étapes un peu piégeuses de ce Tour comme les premières étapes en Corse, les chronos, les cols alpins... Je n’ai rien laissé au hasard, j’ai tout fait pour réussir. J’ai travaillé toute l’année pour être prêt sur les contre-la-montre. Je pense avoir progressé, notamment dans les chronos les plus difficiles.
 
L’objectif cette année, c’est juste le Top 10 au général?
Si je peux faire mieux, je vais y aller mais ça reste l’objectif de base. Ca, c’est pour cette année. Je veux rapidement franchir d’autres paliers. Je n’ai que 23 ans, le vélo est un sport où la maturité arrive plus tardivement, vers 27-28 ans. Dans trois ou quatre ans, je tenterai de finir dans les cinq premières places.
 
Pensez-vous que ce Tour de France sera un Tour propre?
Pour moi, on est tous à armes égales. J’ai confiance dans les coureurs qui sont présents dans le peloton. Ce n’est plus approprié de comparer cette génération avec ce qui se passait avant.