Wimbledon: Qui est Sergiy Stakhovsky, tombeur de Roger Federer?

A Bordeaux, Marc Nouaux

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Sergiy Stakhovsky après sa victoire à Wimbledon contre Roger Federer, le 26 juin 2013.
Sergiy Stakhovsky après sa victoire à Wimbledon contre Roger Federer, le 26 juin 2013. — Back Page Images / Rex / Sipa

Sergiy Stakhovsky? Evidemment, vous ne connaissez le nom que depuis mercredi et sa victoire surprenante contre le grand Roger Federer. Dans son jardin, qui plus est. Mais à 27 ans, l’Ukrainien (116e au classement ATP) est tout de même un habitué du circuit qu’il fréquente depuis dix ans. Jean-Baptiste Perlant, le directeur du club de Primrose, à Bordeaux, où il est licencié depuis un an, nous raconte ce qu’il sait de lui.

Un ancien du Top… 40. «Il a déjà été 33e joueur mondial en simple (en 2011), explique Jean-Baptiste Perlant. Ce n’est pas non plus n’importe qui.» Certes, mais quand même. Présent depuis cinq ans dans les tableaux de Grand Chelem, Stakhovsky n’a jamais dépassé un 16e de finale (qu’il a atteint dans les quatre tournois majeurs). Il n’a jamais non plus remporté de titre important sur le circuit ATP. Ses seuls faits d’armes, quatre titres en Master 250 (Zagreb, Saint-Petersbourg, New Haven et Bois-le-Duc), tous gagnés entre 2008 et 2010. Avant de s’offrir Federer mercredi, l’Ukrainien n’avait donc jamais réussi d’exploit ou de matchs hors-normes.

Spécialité service-volée. «C’est un spécialiste de surface rapide, décrit son capitaine à Bordeaux. Il a un service volée de qualité et régulier. Après, il faut reconnaître que sa victoire est très inattendue. Roger Federer était dans son jardin, son cours, son tournoi… Sergiy a joué le match parfait. Il n’a jamais été aussi constant en qualité de volée sur un match entier.» «J'ai du mal à réaliser, a d’ailleurs reconnu l’intéressé après son exploit. Je suis un peu perdu, je ne ressens rien en fait... C'est dur à expliquer, peut-être que demain je vais réaliser. J'ai déjà volleyé aussi bien mais jamais pendant aussi longtemps.»

Un mec sympa. Recruté par le club bordelais dans l’optique des interclubs de fin d’année en 2012, Stakhovky a joué quelques matchs à l’automne 2012. De quoi faire connaissance avec Llodra, Serra ou encore Jouan, les joueurs du club. «C’est un mec sympa, drôle et qui se marre toujours, apprécie Perlant. Il aime le contact. Je ne le connais qu’à travers les rencontres mais j’ai l’impression que c’est un mec bien. Chez nous, il n’est pas venu que pour prendre son chèque, il a joué le jeu. Il a tenu à faire le challenger de Primrose pour rester une semaine à Bordeaux en mai. Il est passé tous les jours dans mon bureau pour discuter le matin, puis il revenait après. Il faisait marrer tout le monde.»