PSG: La méthode Laurent Blanc

A Bordeaux, Marc Nouaux

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Laurent Blanc sur le banc de l'équipe de France lors de la réception de la Belgique au Stade de France
Laurent Blanc sur le banc de l'équipe de France lors de la réception de la Belgique au Stade de France — Francois Mori/AP/SIPA

La seule expérience de Laurent Blanc sur le banc d’un club laisse un sentiment mitigé. A Bordeaux, en trois saisons, le club est passé par plusieurs états. Un titre de champion de France, un quart de finale de Ligue des Champions mais aussi six derniers mois désastreux. On décrypte la méthode du futur entraîneur du PSG lorsqu’il était en Gironde.

Un manageur à l’anglaise. Rarement acteur pendant les séances d’entraînement, Blanc a toujours pris du recul et a préféré prendre les joueurs à part, lors d’entretiens individuels. Pendant trois ans, c’est son adjoint, Jean-Louis Gasset, qui a pris en main les séances quotidiennes et les mises en place. C’était à peu près pareil pour les causeries d’avant-match. Blanc annonçait la composition d’équipe et indiquait quelques consignes générales avant de laisser son adjoint donner les détails techniques. C’était ce même Gasset qui levait la voix au point de, parfois, écraser son feutre contre le tableau noir. Gasset, c’est le côté expressif de Blanc, moins à l’aise pour s’exprimer devant tout un groupe.

Une ambition et une volonté d’imposer ses idées. Lorsqu’il s’est engagé à Bordeaux, Blanc a formulé à son président, Jean-Louis Triaud, ses vœux pour la saison. Il a exigé la signature d’Alou Diarra et d’un défenseur central expérimenté (Diawara). Il a de nouveau eu gain de cause lorsqu’il a exigé la venue de Carrasso contre dix millions d’euros en 2009. Au bout de quelques mois de présence, Blanc a fait mettre un grand rideau opaque tout autour du terrain d’entraînement au Haillan pour organiser des huis-clos et pour «travailler comme un grand club». Son discours a toujours été ambitieux malgré les réalités qui s’imposaient à lui en Gironde. A Paris, l’ancien libéro des Bleus pourra enfin avoir des moyens à sa disposition.

Une gestion délicate en temps de crise. La gestion du vestiaire et des remplaçants, c’est le principal reproche qui a été fait à Laurent Blanc. Lorsque l’équipe déroulait pendant l’automne 2009, Blanc n’utilisait que très peu ses remplaçants. Henrique, Jussiê, Bellion, Placente ou Cavenaghi ont vu leur temps de jeu se réduire au fur et à mesure des matchs. Lorsque l’équipe s’est trouvée en difficulté à partir de janvier 2010, Blanc n’a pas tenté de relancer la concurrence. Et pour s’acheter la paix du vestiaire, il a réclamé à ses dirigeants de prolonger des joueurs sur lesquels il ne comptait plus vraiment. Sa capacité à gérer le pléthorique effectif du PSG constitue donc l’un des plus gros points d’interrogation, au même titre que sa capacité à redresser une situation lorsque les résultats sont moins bons. Ancelotti y était parvenu en novembre dernier avec Paris, tandis que lui a échoué avec Bordeaux lors du printemps 2010.

Un jeu basé sur la conservation et les coups de pieds arrêtés. Il l’a souvent répété. «Je veux que mon équipe produise du jeu et cherche toujours à jouer. Nous ne devons pas calculer.» Laurent Blanc a toujours fait référence au style de jeu de Barcelone. Il apprécie particulièrement les redoublements de passes et le jeu en triangle dans les petits espaces. A Bordeaux, les séances d’entraînement étaient essentiellement basées sur la conservation du ballon. Cela se traduisait par une grande possession de balle lors des matchs. Problème, l’équipe manquait de percussion dans les trente derniers mètres et c’est souvent grâce aux coups de pieds arrêtés que les Girondins ont gagné des matchs. «Ils ont une grande importance dans le football moderne», répète souvent Blanc. Avec des tireurs de grande qualité et de nombreux joueurs de tête au PSG, il pourrait être tenté de miser une nouvelle fois sur cette arme qui lui a fait défaut lors de son passage chez les Bleus.