Euro féminin de basket: Pour Jean-Claude Skrela, «Gaëlle a eu plus de mal que David»

BASKET La fille de l'ancien sélectionneur du XV de France dispute son premier championnat d’Europe avec les Bleues...

Romain Baheux

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Gaëlle Skrela lors du match contre la Serbie le dimanche 16 juin 2013.
Gaëlle Skrela lors du match contre la Serbie le dimanche 16 juin 2013. — FRANK PERRY / AFP

Chez les Braqueuses, elle fait partie des petites nouvelles mais son nom vous est déjà familier. Meilleure marqueuse des Bleues dimanche soir contre la Serbie, Gaëlle Skrela vient d’une famille surtout connue dans le monde du rugby avec un frère David, passé par le Stade Français, Toulouse et Clermont, et un père, Jean-Claude, ex-sélectionneur du XV de France. Ce dernier raconte l’éducation donnée à ses deux enfants et l’ascension de sa fille, qui dispute sa première compétition majeure avec l’équipe de France de basket.

Comment s’occupe-t-on d’un fils et d’une fille qui veulent devenir sportifs professionnels?

En tant que parents, on n’a pas interféré pas dans le choix sportif de l’un ou de l’autre mais plutôt dans leur scolarité. J’avais fixé comme condition de faire des études pour devenir pro. Ceux qui disent qu’on ne peut pas faire les deux, ce sont des menteurs. Etre sportif de haut niveau c’est très dur mais avoir un métier, ça l’est tout autant. On a été intransigeants là-dessus. David a donc passé son diplôme d’ingénieur et Gaëlle celui de kiné.

Comment se sont passés leurs débuts?

Je leur ai donné des conseils quand ils ont changé de club et quand ils ont traversé des périodes difficiles. Pas des conseils d’entraîneurs mais des conseils de père. Ils ont très vite été autonomes.

Concrètement, comment ça se passe?

On discute beaucoup mais on essaie de rester objectif. La différence avec les autres parents de joueurs, c’est que je connais le très haut niveau. Leur mère est sur l’affectif, je les conseille plus sur les choix de carrière. Je ne m’immisce pas dans les choix de l’entraîneur. Je sais ce que c’est quand les parents veulent jouer à la place des enfants, il ne faut pas interférer avec les décisions du coach.

Vous avez été rugbyman, cela amenait-il une approche différente avec votre fils et votre fille?

Je ne faisais pas de différence. On a fait avec l’un ou avec l’autre ce qu’on a pu sur le moment et selon le contexte de leurs réussites ou leurs échecs. Je ne me sentais pas plus légitime avec David même si j’avais fait le même sport que lui.

Quelle relation ont-ils?

Ils sont très complices tous les deux, ils échangent beaucoup aujourd’hui. Ils se parlent comme un frère avec une sœur et s’engueulent comme un frère et une sœur. Dans le jardin de la maison, ils ne jouaient pas beaucoup ensemble quand ils étaient enfants. Elle avait son panneau de basket et lui avait ses poteaux de rugby. Avec ma femme, on devait aller jouer avec l’un et avec l’autre.

Comment a-t-elle vécu les succès de son frère alors qu’elle n’arrivait pas à percer chez les Bleues?

Elle ne le vivait pas très bien mais elle était toujours très contente de voir son frère en équipe nationale. Elle, elle a eu plus de mal. Gaëlle a fait toutes les sélections jeunes mais a décroché sa première sélection chez les Bleues à trente ans, ça a été plus délicat. L’an dernier, elle a fait toute la préparation pour les JO mais elle n’a pas été retenue. Le basket, ça dépend beaucoup du profil des joueuses à certains postes et l’entraîneur a fait ses choix en fonction de ça. Ca l’a rendu plus forte et elle y est finalement arrivée.

Comment les décririez-vous?

Ils sont très différents. David est beaucoup plus cool et posé que sa sœur. Elle est très réactive et plus impulsive que lui. Même quand il est touché, il arrive plus facilement à garder son calme qu’elle.

La Grande-Bretagne, premier obstacle pour les Bleues

Après deux roustes infligées à la Lettonie et à la Serbie, l’équipe de France, déjà qualifiée pour le deuxième tour, affronte un adversaire plus consistant ce lundi soir à Trélazé (Maine-et-Loire). Face à la Grande-Bretagne, qui les avait mises en difficulté aux JO, les filles de Pierre Vincent vont jouer la première place du groupe C. Une victoire leur permettrait d’aborder le deuxième tour en position de force.