Euro 2013 de basket: «L'équipe de France joue dans les villes qui ont investi sur elles», témoigne Jean-Pierre Siutat, président de la FFBB

BASKET FEMININ Les Bleues, vice-championnes olympiques à Londres, jouent leur Euro loin des grandes agglomérations...

Propos recueillis par Julien Laloye

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L'équipe de France de basket féminine, après son succès face à la Lettonie le 15 juin 2013 à Trélazé.
L'équipe de France de basket féminine, après son succès face à la Lettonie le 15 juin 2013 à Trélazé. — F.Perry/AFP

Vannes, Trélazé, Mouilleron-Le-Captif, Orchies et…Lille. Parler de l’Euro de basket féminin donne envie de ressortir du placard les vieux 33 tours de Charles Trénet. Mais si la FFBB a choisi la campagne et les petites salles pour accompagner le parcours des Braqueuses, finaliste des JO à Londres, c’est aussi un peu par défaut, raconte Jean-Pierre Siutat, président de la Fédération.

Vous avez fait le choix d’organiser l’Euro dans des petites villes, pourquoi?

Précisément parce que c’était notre volonté. Les matchs ont lieu où? Dans les Pays-de-Loire, la plus grande réserve de licenciées en basket. En Bretagne, une autre terre de basket, et dans le Nord, une région qui doit regrouper le tiers des équipes féminines au haut niveau en France. Et puis on voulait jouer dans des salles neuves, Trélazé, c’est 5.000 places et franchement, en termes d’infrastructure,  il n’y a pas beaucoup mieux en France sur le plan qualitatif.

Ca veut dire qu’il n’y avait pas mieux à Paris, Lyon ou Marseille?

Vous savez, j’ai suivi attentivement les projets de la commission pour la création des fameuses Arenas à l’horizon 2015. Or, aujourd'hui, ce que je vois c’est qu’à Paris des clubs comme Nanterre ou comme le PSG hand cherchent une salle pour l’an prochain. La seule salle d’envergure, c’est Bercy et elle va bientôt être fermée pour travaux. 

Est-ce un regret de ne pas faire profiter plus de monde de la nouvelle notoriété des filles de l’équipe de France?

Pourquoi ça le serait? En novembre 2010, quand j’ai lancé un appel à candidatures, personne d’autre ne s’est manifesté. A l’époque, personne ne pouvait deviner que l’équipe de France féminine aurait ces résultats. Alors on a décidé de  partir sur cinq salles moyennes pour répartir l’effort. Une compétition comme celle-là, il faut pouvoir la financer.

Cet Euro va donc coûter plus d’argent qu’il ne va en rapporter?

Il nous a réclamé 6 millions d’euros d’investissement. La moitié amenée par les pouvoirs publics, l’autre par la Fédération. Et rien de la part de partenaires privés. Zéro. Il y a encore quinze jours, on n’avait pas de sponsor maillot. Heureusement que la FDJ, notre partenaire historique, nous a aidé là-dessus.

Ca veut dire que les Braqueuses ne font pas vendre malgré leur médaille à Londres?

De notre point de vue, elles devraient, c’est évident. Les filles ont su toucher le cœur des Français, elles font des matchs exceptionnels… Après peut-être qu’on fait mal notre travail à la Fédération, je ne sais pas. C’est aussi pour ça qu’on a fait ce choix de jouer dans des petites villes. Tous les billets sont vendus (80.000), et c’est notre seul moyen de récupérer de l’argent. Ces gens ont investi sur nous, on est ravi de ce choix.