Jo 2020: La candidature d'Istanbul sapée par les manifestations ?

OLYMPISME La ville turque, opposée à Tokyo et Madrid, n'est plus favorite...

AFP

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La police évacue le parc Gezi, le 15 juin 2013 à Istanbul.
La police évacue le parc Gezi, le 15 juin 2013 à Istanbul. — OZAN KOSE / AFP

Istanbul, qui fin mai semblait en bonne posture pour décrocher les jeux Olympiques 2020, après quatre essais malheureux, tente désormais de limiter les dommages collatéraux causés à sa candidature par deux semaines de manifestations, à moins de trois mois du choix du CIO.

Le 30 mai, à Saint-Pétersbourg, où la métropole turque et ses deux rivales Tokyo et Madrid avaient présenté leur dossier devant le gotha des dirigeants sportifs réunis pour la convention SportAccord, la métaphore du «pont jeté ensemble» entre Europe et Asie avec des JO qui auraient le Bosphore pour superbe toile de fond semblait bien séduisante.

Mais samedi à Lausanne, où les trois villes candidates se sont livré à un exercice similaire devant quelque 200 comités olympiques nationaux, les mêmes images de cartes postales dégageaient une tout autre appréciation des «délices turcs». Le comité de candidature a bien fait quelques allusions à la contestation qui secoue le pays pour tenter de convaincre que sa métropole n'en serait qu'«une ville-hôte encore meilleure en 2020».

La candidature à des JO, un marathon

«Vous nous avez vus à la télévision mais ne vous méprenez pas ! Tout le monde veut avoir les Jeux», a souligné l'espoir du tennis turc Cagla Büyükakçay, qui avait pour tâche d'incarner cette jeunesse tant mise en avant dans le dossier d'Istanbul-2020. Le Comité international olympique (CIO), qui a pour coutume de ne pas commenter les candidatures en cours, n'a pas dérogé à cette règle. Mais un  membre du CIO, sous couvert d'anonymat, a confié à l'AFP qu'il n'était plus sûr désormais de voter en faveur d'Istanbul, le 7 septembre, à Buenos Aires: «Quand on voit le mécontentement des habitants pour la construction d'un centre commercial, alors on peut imaginer ce que pourraient être les protestations si Istanbul gagnait les Jeux, et ce qui se passerait lors du début des travaux». Lors d'un court point de presse samedi, Hasan Arat, à la tête d'Istanbul-2020, a réfuté l'idée que les choses pouvaient être déjà pliées pour la candidature stambouliote.

«C'est comme un marathon et vous devez jouer le jeu jusqu'au bout. Vous pouvez avoir des hauts et bas. Mais la chose la plus importante, c'est que nous sommes ce que nous sommes. Rien n'a changé pour nous. Nous sommes un pays jeune et dynamique», a estimé l'ancien joueur de basket.