José Touré : «Rappeler des grands anciens de la maison»

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José Touré, ancien attaquant du FCNA de 1979 à 1986.

Samedi, Nantes (20e) et Monaco (19e), vos deux anciens clubs, s'affrontent à La Beaujoire. Que cela vous inspire-t-il ?

Ce match est une question d'honneur. C'est au niveau des tripes que la différence se fera. Durant ma carrière, j'ai eu la chance de ne pas jouer ce rôle. Etre dernier, c'est dur. Ce sont les deux clubs où les coachs [Serge Le Dizet à Nantes, Laszlo Bölöni à Monaco] ont déjà sauté. Celui qui gagnera sera celui qui a le plus l'instinct de survie.

Voir le FCNA dernier, ça vous chagrine...

La remise en question doit toucher tout le monde, joueurs, entraîneurs mais aussi dirigeants. Les « tenanciers » du club se sont-ils remis en question ? Ce serait bien et judicieux de rappeler des grands anciens de la maison qui pourraient ramener de l'oxygène. Se sont-ils posé la question de savoir pourquoi ça ne marchait plus ? Car ça ne date pas d'hier...

Le mal du FCNA est-il profond selon vous ?

J'aime quand les dirigeants se portent responsables. Quand ça marche, ce sont eux les boss et quand ça foire, il n'y a plus personne. Lorsque l'actionnaire d'un club n'en à rien à foutre, ça plante tout. C'est une constatation. Si tous les ans, tu repars pour jouer ta peau, c'est que quelque chose ne va pas. Je n'ai rien contre Roussillon ou Dassault, mais si le FC Nantes ne les intéresse pas, qu'ils le cèdent ! Ce club appartient à la ville, à la région et à la France même ! Les dirigeants doivent apprendre que, comme les joueurs, ils ne sont pas indispensables. Nantes peut descendre en L2, mais pas de cette manière !

Gardez-vous un espoir pour cette saison ?

J'y crois toujours ! Dans ce genre de situations, il n'y a pas mieux que de se retrouver entre quatre yeux. Les joueurs n'ont qu'à partir en vacances ensemble avec femmes et enfants cet hiver pour se dire les choses en face. S'il y en a un qui lâche, il faut aller le chercher. Ils ne doivent pas oublier qu'ils ne peuvent compter que sur eux-mêmes, tous ensemble.

Recueilli par Antoine Huchon