Roland-Garros 2013: Pourquoi Jo-Wilfried Tsonga peut vaincre Roger Federer

A Roland-Garros, Antoine Maes

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Jo-Wilfried Tsonga lors de sa qualification pour les quarts de finale de Roland-Garros, le 2 juin 2013.
Jo-Wilfried Tsonga lors de sa qualification pour les quarts de finale de Roland-Garros, le 2 juin 2013. — MARTIN BUREAU / AFP

Cette année, le parcours de Maître Federer à Roland-Garros prend des allures de génocide de français. Après avoir sorti Julien Benneteau, après avoir souffert contre Gilles Simon, le Suisse s’attaque à Jo-Wilfried Tsonga en quart de finale. Sûrement l’affrontement dans lequel le meilleur joueur de tous les temps a le moins de marge. 

Parce qu’il s’est adapté à la terre. Il a beau jouer chez lui, Jo-Wilfried Tsonga n’a longtemps pas été franchement convaincu de sa faculté à briller Porte d’Auteuil. La faute à son style de jeu et à son gabarit, plus adaptés aux surfaces rapides. Mais le Tsonga version 2013, sans être devenu un terrien, s’est adapté. «Il bouge bien, il défend bien ; il s’est vraiment bien préparé. Il a fait un gros travail physique avec Roger Rasheed (son entraîneur), qui est un gars qui met l’accent là-dessus», remarque l’ancien DTN Patrice Hageleuer. Il a aussi complété sa palette technique: «S’il est plus calme et plus serein, son jeu est plus complet, il passe vite de la phase d’attente à la phase explosive avec son coup droit», remarque Nicolas Mahut, le spécialiste du gazon du clan français. 

Parce qu’il sait qu’il peut le faire. Ils ne sont pas nombreux à pouvoir se vanter d’avoir battu plusieurs fois Roger Federer, mais Jo-Wilfried Tsonga fait partie de ce cercle fermé. Le Français est mené 9-4 dans les confrontations, sans toutefois jamais avoir fait tomber l’Helvète sur terre battue. «Il a pris confiance l’année dernière, en sentant qu’il pouvait aller loin dans ce tournoi, en titillant Djokovic (défaite en quart de finale). S’il y a une occasion, il ne la laissera pas passer», assure Patrice Hageleuer. Pouvoir créer l’exploit, Tsonga en est lui-même convaincu. «Je ne sais pas s’il a plus les armes qu’un autre, mais je sais qu’il a ce qu’il faut. Déjà, il pense qu’il peut le faire. Et il n’a pas envie de s’arrêter là, il ne se contente plus de ça», enchaîne Nicolas Mahut. 

Parce que Federer n’est pas à son top. Quand on doute du niveau de Federer, il faut évidemment «mettre de gros guillemets, sourit Nicolas Mahut. Il est en quart de finale d’un Grand Chelem pour la 37e fois de suite, c’est le plus grand.» «Roger, c’est Roger, il ne faut jamais s’attendre à ce qu’il ne joue pas bien», se marre Hagelaueer. N’empêche, Gilles Simon a montré la direction en poussant son altesse dans ses retranchements. «Ca doit donner des idées à Jo. Là où Federer est prenable, ce n’est pas parce qu’il baisse, mais parce que Jo monte. Et ça, ça fait une différence». De là à faire du Manceau le favori, il y a évidemment un pas que personne n’ose franchir.