Roland-Garros 2013: «Jouer un Grand Chelem, l’objectif ultime des joueurs présents dans les qualifications», Charles-Antoine Brezac, ancien joueur professionnel

Propos recueillis par Romain Baheux

— 

Charles-Antoine Brézac a disputé à deux reprises les qualifications de Roland-Garros, comme ici en 2011.
Charles-Antoine Brézac a disputé à deux reprises les qualifications de Roland-Garros, comme ici en 2011. — AFP PHOTO / JACQUES DEMARTHON

Il a dit stop en fin d’année dernière. Stop à sa vie de tennisman professionnel où il n’est jamais parvenu à atteindre le Top 100, son objectif en début de carrière. Retraité du circuit ATP à 27 ans, Charles-Antoine Brezac a joué les qualifications de tous les tournois du Grand Chelem dont deux fois celles de Roland-Garros, en 2010 et en 2011. Il raconte le quotidien de ces joueurs, classés au-delà de la centième place mondiale, qui vont tenter de se sortir des qualifications de Roland-Garros à partir de mardi.

Comment se débrouillent les joueurs qui font les qualifications?

Moi je vivais à Paris à l’époque. Je prenais mon métro quotidiennement pour aller à Roland-Garros. Quand on est Français, on connaît bien les lieux, c’est moins compliqué que pour les autres Grands Chelems à l’étranger. Je voulais garder mes repères. La plupart des autres joueurs qui font les qualifications veulent être très proches de Roland-Garros, ils prennent des hôtels à côté.

Comment décririez-vous l’ambiance qui règne à Roland-Garros lors des qualifications?

Les qualifs de Grand Chelem, il y en a quatre par an, c’est hyper important pour les joueurs entre la 120e et la 250e place mondiale. C’est l’occasion de se montrer, d’essayer de faire un bon résultat et de pouvoir gagner de l’argent en atteignant le tableau final. Le stress est beaucoup plus important et encore plus à Roland-Garros pour les Français. A part pour les victoires, le plaisir n’est pas énorme. On a envie de très bien faire. Les ramasseurs de balle sont mieux formés que sur les tournois challenger donc les points s’enchaînent beaucoup plus vite.

La concurrence est encore plus importante?

Ca se tire plus la bourre. Les joueurs sont encore plus concernés. Il y a des tournois où les joueurs sont fatigués, où l’hôtel n’est pas terrible, où le club est un peu perdu… Parfois, certains vont presque balancer le match. Là, aucun match n’est donné. Jouer un Grand Chelem, c’est l’objectif ultime pour tous les joueurs qui sont présents.

La carotte financière* est-elle évoquée dans les discussions entre joueurs?

Evidemment. Entre la cent-cinquantième et la deux-cent cinquantième place mondiale, ce n’est pas facile financièrement. La rentrée d’argent est hyper aléatoire. Rentrer dans un Grand Chelem, c’était minimum 15.000 euros quand je jouais. C’est un enjeu financier très important, il ne faut pas se mentir.

On en profite pour échanger avec des joueurs qu’on ne voit pas le reste de la saison?

Sur les Grands Chelems, et encore plus à l’étranger, on en profite pour se retrouver entre Français. C’est encore plus vrai quand on est à l’étranger. On se retrouve entre ceux de notre niveau, qui sont un peu dans la même galère.

*Un participant au premier tour de Roland-Garros remportera 21.000 euros en 2013