Pour le co-auteur de son autobiographie, «Mourad Boudjellal a du José Mourinho en lui»

Propos recueillis par Romain Baheux

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Mourad Boudjellal, le président du RC Toulon, regarde le match de son équipe contre Bayonne des tribunes, le 28 janvier 2012, au Stade Mayol.
Mourad Boudjellal, le président du RC Toulon, regarde le match de son équipe contre Bayonne des tribunes, le 28 janvier 2012, au Stade Mayol. — AFP PHOTO/GERARD JULIEN

Samedi, Mourad Boudjellal se rongera les doigts devant la finale de H-Cup entre Toulon et Clermont. Co-auteur de l’autobiographie du président du RCT Ma mauvaise réputation, le journaliste Arnaud Ramsay décrit Boudjellal, qu’il a fréquenté de longues heures lors de l’écriture du livre.

Pourquoi avoir écrit l’autobiographie de Mourad Boudjellal?

Je suis spécialisé dans le football mais il n’y avait pas un personnage qui me fascinait au point d’y consacrer du temps. Mourad Boudjellal m’interpellait, c’est un personnage de roman dont j’avais toujours apprécié la franchise dans les interviews. Qu’on l’aime ou qu’on ne l’aime pas, il se passe toujours un truc. Il ne vient pas du rugby. Je l’ai contacté par SMS, il m’a invité à sa brasserie à Toulon. On a appris à se connaître un peu pendant le déjeuner. On s’est mis d’accord. Une fois qu’il a dit oui, il ne tergiverse plus.

Comment s’est passée l’écriture du livre?

Il n’a jamais été décevant. Ce que j’apprécie de lui, c’est qu’il n’y a pas de faux semblant. Avec lui, rien n’est off. Tout ce que j’ai enregistré, je l’ai publié. Il ne m’a jamais censuré. C’est une grande gueule qui assume et qui a le sens de la formule. Il est nature tout le temps, il n’y a pas de différence entre le personnage privé. Il y a le côté grande gueule qui fait des sorties au bazooka mais il y a aussi une réelle sensibilité derrière. Il est beaucoup plus fin que l’image qu’il renvoie.

Est-il tout le temps sincère ou y a-t-il une part de provocation dans ses déclarations?

Il y a une part de provoc. Pour moi, il y a du José Mourinho et du Jean Michel-Aulas en lui. Il fait paravent devant son club. Heureusement qu’il est là pour pimenter la finale de H-Cup parce qu’elle n’intéresse personne sinon. J’aime ses sorties au vitriol pour ça. Son idole, c’est Mohammed Ali. Il adore la boxe et le côté duel de la conférence de presse, le show, les petites phrases… Il aime qu’on lui réponde, faire de la surenchère verbale. Quand un journaliste l’appelle, c’est pour entendre du Boudjellal.

Un Arabe président du club de rugby de Toulon, ce n’est pas commun…

Il s’appelle Mourad Boudjellal dans la première ville de plus de 100.000 habitants qui a élu un maire du Front National. Il a reçu des courriers d’insultes, très mal écrits et non-signalés. Sa décision de prendre en main le RCT, c’est aussi pour récupérer un des symboles de fierté de la ville. Jean-Marie Le Chevallier, le maire FN de la ville, voulait en faire la caution arabe du parti. Il lui a proposé de venir prendre un whisky avec Jean-Marie Le Pen. Boudjellal a répondu «je n’aime ni le whisky ni Jean-Marie Le Pen».

Comment s’est effectué le choix du titre du livre?

Il avait proposé Président énervant. C’est quelque chose qui lui allait. Moi, je voulais faire découvrir un personnage sensible derrière l’image de la grande gueule. C’est un fou de Jacques Brel et de Georges Brassens. Il va plusieurs fois par an sur la tombe de Brassens. J’ai repris le titre d’une de ses chansons, La mauvaise réputation, qui va comme un gant à Boudjellal.