ProA: Nanterre, la PME familiale sondée par le Qatar
BASKET•En position favorable pour la qualification contre Gravelines, le club d'Ile de France n'a pas séduit les investisseurs qataris. Et vice versa...Romain Scotto
Qu’elle squatte les profondeurs du classement des Hauts-de-Seine ou les sommets de la Pro A, la JSF Nanterre ne changera pas. Son président Jean Donnadieu le répète depuis qu’il a pris les commandes du club dans les années 80. Ce n’est donc pas un quart de finale de play-offs contre Gravelines qui bouleversera son quotidien mercredi soir. Le club d’Ile-de-France restera fidèle à sa stratégie de «gagne-petit» où le maintien est la priorité.
Pourtant il y a quelques semaines, la destinée de la JSF aurait pu changer. Le président Donnadieu a reçu la visite d’un intermédiaire des investisseurs qataris, désireux de mettre quelques euros dans le basket parisien. Mais les deux parties ont vite compris que le mariage ne se ferait pas. «J’en ai parlé au maire de Nanterre. On a un protocole d’accord avec la ville même si on peut faire ce qu’on veut. Ils ont considéré que le Qatar ça ne convenait pas», indique le président. Question d’image.
«On n’est pas spécialement mégalos»
Pour préserver son identité familiale, le club n’aurait pas besoin d’un apport d’argent frais. «Si une majorité de gens à Nanterre l’avait souhaité, pourquoi pas? Nous, on n’est pas spécialement mégalos», enchaîne le président qui veut rester le petit village gaulois dans le basket français. Dans les années à venir, les dirigeants de Nanterre entendent conserver cette démarche de «gens ordinaire», qui n’a rien à voir avec la recherche de «la réussite pour la réussite», mais qui se satisfait juste de rendre fiers les gens de la banlieue.
«Pour l’année prochaine, on veut juste augmenter notre masse salariale de 100.000 euros nets sachant que notre coach (Pascal Donnadieu, le fils du président) est le moins bien payé de France. On ne peut pas le payer moins, il est au minimum de la convention collective des entraîneurs.» Quoi qu’il arrive, la JSF restera aussi ce club qui «va chercher des gars paumés un peu partout.» Une stratégie différente de celle du Paris-Levallois, le voisin et rival, que QSI aurait choisi pour en faire la section basket du PSG. Un club où Jacques Monclar a déjà été nommé manager sportif. Plus clinquant, mieux structuré. Mais qui n’a pas encore le privilège de jouer les play-offs de Pro A.



















