Ligue 1/PSG: Jérémy Ménez, perdu pour la cause?

Julien Laloye et Bertrand Volpilhac

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Jérémy Ménez, entré en jeu contre Barcelone en Ligue des champions, pourrait débuter le match à Rennes samedi.
Jérémy Ménez, entré en jeu contre Barcelone en Ligue des champions, pourrait débuter le match à Rennes samedi. — KENZO TRIBOUILLARD / AFP

Pour Jérémy Ménez, la Ligue est un peu longue à la détente. Le joueur parisien devrait attendre une dizaine de jours avant de connaître le tarif pour sa sortie verbale non maîtrisée à l’encontre de Tony Chapron, l’arbitre du match PSG-Nice. Ce devrait être trois matchs de suspension. Ce qui lui laisse une petite fenêtre pour convaincre le PSG de le garder, ou se convaincre qu’il ferait bien d’y rester, c’est selon.

Abonné au banc de touche depuis l’arrivée de Lucas, pas forcément bien vu de ses coéquipiers depuis qu’il a étalé sa frustration dans le vestiaire au mauvais moment (après la victoire à Valence en C1) et dans le viseur des dirigeants pour ses sautes d‘humeur à répétition, Ménez ne traverse pas la meilleure période de sa carrière. «Jérémy a toujours été un caractériel, se souvient Jacques Crevoisier, qui l’a croisé à Sochaux. Le problème, c’est que je ne crois pas qu’on puisse noter une amélioration significative alors qu’il a maintenant atteint l’âge de raison.»

«Regarder ce qui se passe dans les grands clubs»

Comme Ben Arfa, Ménez aime répéter qu’il «a besoin de sentir la confiance autour de lui pour donner tout ce qu’il a», comme à «Téléfoot» en début d’année. Du genre de celle que lui donnait sans réserve Guy Lacombe, qui l’a lancé en L1: «Vous me donner le PSG, Jérémy je le mets d’entrée. Il est perforant, il apporte un registre différent à l’équipe. Après, je comprends que Paris puisse s’interroger sur lui… Jérémy, il faut le prendre comme il est. A 26 ans, on peut espérer qu’il arrive à maturité. Il faut juste qu’il soit un peu plus respectueux de ce que représente le football

Un reproche qui le poursuit depuis toujours, masquant une production pourtant honorable (7 buts et 12 passes l’an passé, 4 buts et 7 passes cette saison). «Ça vaudrait le coup qu’il reste, approuve Crevoisier. Mais d’autres joueurs dans la même situation vivent beaucoup mieux que lui le statut d’intermittent du spectacle, la réalité des grands clubs. Higuain et Gomez, qu’est-ce qu’ils devraient dire? Paris recrute un joueur et lui il va faire la gueule? Il va partir?»

Un départ vers l’Italie?

C’est en effet le choix qu’a fait Ménez à Monaco ou à la Roma, quand il a vu que sa carrière ne décollait pas. Même son agent, Jean-Pierre Bernès, a reconnu récemment dans France Football que son protégé «avait tendance à lâcher» quand la roue ne tournait pas dans son sens. La donne pourrait-elle être différente cette fois-ci? Guy Lacombe en est persuadé: «Je sais ce que représente le PSG pour lui. Il a beau paraître un peu hors du temps parfois, c’est son rêve de gosse de joueur dans ce club. Il a vraiment l’amour du maillot parisien.»

Et toujours une bonne cote en Italie, si jamais l’amour en question n’était plus réciproque. «Jérémy ne sera pas au chômage», répond Bernès, quand on l’interroge sur l’intérêt supposé de la Juventus Turin pour Ménez. Le chômage, peut-être pas, mais la sensation de partir sur un nouvel échec, sûrement.