Tennis: Rafael Nadal doit-il s'inquiéter?

MONTE-CARLO L'Espagnol est apparu loin de son meilleur niveau sur la terre battue monégasque...

Julien Laloye
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Rafael Nadal, battu par Novak Djokovic, le 21 avril 2013 à Monte-Carlo.
Rafael Nadal, battu par Novak Djokovic, le 21 avril 2013 à Monte-Carlo. — L.Cironneau/SIPA

La dernière fois que Rafael Nadal était sorti la tête basse d’un court de Monte-Carlo, Juan-Carlos Ferrero était numéro 1 mondial et Julien Bouter le dernier espoir français encore en lice. Dix ans après avoir été battu par Guillermo Coria dans l’anonymat d’un 8e de finale, Nadal a de nouveau perdu sur le Rocher, de la main de Novak Djokovic (6-2, 7-6), après huit titres de rang.

«Je me fatigue plus vite qu’avant»

Le Serbe a préféré en sourire dans son discours de victoire – «Merci de m'avoir autorisé de gagner au moins une fois ici Rafa»- et l’Espagnol rappeler qu’il lui fallait encore digérer ses sept mois d'absence en 2012 pour soigner son genou gauche. Toutefois, nier l’évidence serait malhonnête. Le Nadal de Monte-Carlo, qui aurait déjà pu prendre la porte en quarts face à un Dimitrov un poil plus expérimenté, a proposé une version bien éloignée de ses meilleures années sur terre : coup droit approximatif, couverture de terrain presque ordinaire, revers aussi inoffensif qu’à ses débuts…Seul le service a un peu près fonctionné. «Je suis fatigué plus vite qu'avant. J'ai encore besoin de temps. Il m'en reste assez d'ici Roland-Garros. Aucune série ne dure éternellement, il faut juste l’accepter» a évacué le Majorquin, qui a effectivement un mois devant lui pour préparer un huitième succès à Paris et oublier un mal de dos persistant à Monaco.

Un passe-droit à Roland?

Sauf que son absence prolongée du circuit et cette défaite en finale auront au moins une conséquence directe à Roland : Nadal ne sera «que» tête de série n°5, ce qui peut l’obliger à battre à la fois Federer, Murray ou Djokovic pour aller au bout, si le tirage s’en mêle. Dimanche, après la finale, Guy Forget, membre du comité de pilotage de Roland-Garros, a évoqué l’idée d’une « modification de l’ordre des têtes de série», à la manière de Wimbledon, pour éviter un quart Djokovic-Nadal, par exemple. L’Espagnol n’est pas du genre à accepter ce genre de petites faveurs, mais ça ne lui ferait peut-être pas de mal vu sa forme actuelle.