Cyclisme: Sébastien Turgot a des pavés plein la tête

CYCLISME Deuxième de Paris-Roubaix en 2012, le coureur d'Europcar sera l'un des grands favoris français de la Reine des classiques dimanche...

A Lille, François Launay

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Le français Sébastien Turgot (Europcar) passe sur le secteur pavé de l'Arbre lors du 110e Paris-Roubaix, le 8 avril 2012.
Le français Sébastien Turgot (Europcar) passe sur le secteur pavé de l'Arbre lors du 110e Paris-Roubaix, le 8 avril 2012. — M.LIBERT/20 MINUTES

Tout ce que le commun des mortels déteste le plus souvent, Sébastien Turgot adore. À l’approche de Paris-Roubaix, le coureur d’Europcar se montre ainsi très attentif à la météo. Avec le rêve d’un temps pourri. «On ne sait jamais le temps qu’on peut avoir. Quand il pleut, quand il fait froid, quand il y a du vent, quoi qu’il arrive, ce sont des courses des guerriers vraiment différentes des autres. Dans ces courses du Nord, t’es toujours en tension, sans aucun répit. Il faut être concentré pendant plus de 200 km», raconte le jeune homme de 28 ans.

«Cétait un peu inattendu»

Un parfum de pavés qui le transcende au point de faire de lui l’un des grands favoris français de l’Enfer du Nord. Une pancarte qu’on lui a collée dans le dos depuis sa deuxième place surprise l’an dernier derrière Tom Boonen. Avec, dans la foulée, un changement de dimension que le Vendéen n’a pas réalisé tout de suite. «C’était un peu inattendu. Et à la fin de la course, je ne pensais qu’à une chose: rentrer chez moi car ça faisait trois semaines que j’étais parti. Pour moi, c’était juste une deuxième place. Mais quand je suis arrivé à l’aéroport de Nantes, ma famille et mes amis m’attendaient et m’ont dit: «tu ne réalises pas ce que tu viens de faire». Je ne me rendais pas compte de l’impact de cette course». Il faut dire que l’histoire et les palmarès ont longtemps rebuté le coureur. «Je n’ai jamais regardé les courses quand j’étais gamin. Ca ne fait d’ailleurs qu’un an ou deux que je m’intéresse vraiment à l’actualité du vélo. Mais c’est vrai que voir ton nom sur un palmarès ou sur un podium, c’est beau».

Le travail et la fête

Le vertige des sommets, Turgot aimerait bien y regoûter dès cette année pour son quatrième Paris-Roubaix. Objectif minimum: un top 10. Quant au gros pavé du vainqueur, le rouleur se laisse encore au moins deux ans pour essayer de le soulever. «S’il ne lui arrive rien, Cancellara est vraiment au-dessus du lot» concède cet amoureux des pavés. au parcours atypique. «Quand j’étais jeune, le vélo était trop carré pour moi. Je préférais faire la fête et j’ai donc arrêté le sport études à 18 ans. J’ai bossé deux ans chez un sous traitant d’Airbus et un an chez Décathlon avant de reprendre. Je sais ce que c’est d’aller bosser le lendemain à 5 h 30. Du coup, je savoure encore plus les moments passés sur un vélo». Ne lui reste plus qu’à découvrir le gôut du succès.

>>> Le Paris-Roubaix est à suivre en live comme-à-la-maison à partir de 13h