Ligue1: La taxe des 75% menace-t-elle vraiment le championnat de France?

FOOTBALL Plusieurs présidents de clubs évoquent la mort du foot français...

R.S.

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Rencontre de ligue 1 PSG - OM au Parc des Princes, le 24 février 2013.
Rencontre de ligue 1 PSG - OM au Parc des Princes, le 24 février 2013. — KENZO TRIBOUILLARD / AFP

La loi sur la taxe Hollande n’est pas encore votée, mais l’épitaphe de la Ligue1 est déjà rédigé. Depuis la confirmation par Jean-Marc Ayrault que les 75% d’imposition toucheront bien les clubs de foot pros, les dirigeants français pleurent la mort prochaine des clubs de L1. Dans une interview au Parisien, le président de la FFF Noël Le Graët leur avait pourtant redonné espoir en évoquant une possible exception pour les clubs pros, assimilés à des PME. Mais Matignon a bien précisé que tout ce petit monde n’échappera pas aux efforts de solidarité en période de crise.

Au total, Frédéric Thiriez évoque une perte de 80 à 90 millions d’euros et un surplus de charge de 30% pour les clubs de L1. Une réforme que seul le PSG aurait les moyens d’assumer financièrement sans remous. Dans les autres clubs, l’impact sera significatif selon Didier Primault, économiste au centre de droit et d’économie du sport de Limoges. «La situation économique pousse déjà les clubs à réduire les salaires. La  contrainte serait donc encore plus lourde pour les clubs concernés. Le foot français est dans une phase où il se dote de leviers de croissance avec les stades en particulier. Mais  ils ne sont pas encore opérationnels.»

«Le foot français deviendra la 2e ou 3e division européenne»

Concrètement, seuls les joueurs émargeant à plus de 80.000 euros net mensuels sont visés. Jean-Pierre Louvel, le patron de l’union des présidents, parle de 120 joueurs touchés, dont 21 au PSG, 16 à Marseille et 12 à Lyon. Avec le vote d’une telle loi, les dirigeants de clubs rivalisent d’imagination en matière de foot fiction. «Certains talents vont partir à courte échéance. On jouera avec des joueurs de 19 à 22 ans, c’est-à-dire des joueurs à fort potentiel mais sans expérience», annonce Frédéric Paquet, le directeur général de Lille. Pour Jean-Louis Triaud, le président bordelais, l’exode ne sera pas non plus massif: «Je ne suis pas sûr qu’il y ait assez de place à l’étranger pour eux.»

A terme, c’est aussi la compétitivité des clubs en Coupe d’Europe qui est menacée. «Le foot français deviendra la 2e ou 3e division européenne», prévoit le patron de l’union des clubs pros, Jean-Pierre Louvel sur France Info. En cherchant bien, les présidents trouvent tout de même une raison de se réjouir de la nouvelle: «Les joueurs me demanderont moins de primes pour ne pas être taxés davantage. S’ils me demandent des primes de match pour se les faire taxer à 75%, ça ne vaut pas le coup», analyse Triaud. Grâce à François Hollande, il pourra au moins rester plus tranquille dans son bureau.