PSG: La communication de Leonardo passée au crible

Romain Baheux

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Leonardo lors de la présentation du joueur italien Marco Verratti, le 18 juillet 2012 à Paris.
Leonardo lors de la présentation du joueur italien Marco Verratti, le 18 juillet 2012 à Paris. — A.Antoine/SIPA

Leonardo a-t-il déjà préparé sa sortie médiatique en cas d’élimination par Valence en huitièmes de finale de la Ligue des champions ce mercredi? La dernière a en tout cas fait son effet.  Dimanche, la France du football a ressassé la phrase de Leonardo, comme une vilaine gueule de bois qui restait après la défaite du PSG à Reims (1-0) samedi soir. A peine le match fini, le directeur sportif parisien s’était présenté devant les micros pour expliquer que le PSG «avait une équipe faite pour l’Europe.»

Et pas pour les joutes de la Ligue 1, pas à la hauteur du club parisien ont entendu joueurs et dirigeants des autres équipes du championnat, reléguant au second plan l’analyse du revers subi en Champagne. «S’il a dit ça dans le but de détourner l’attention de la défaite contre Reims, c’est un jeu dangereux. S’ils perdent contre Valence, ça aura fait plus de mal que de bien, juge Aymeric Granet, consultant pour l’agence de communication Vae Solis. Ce serait une stratégie à court terme très risquée mais je ne pense pas qu’il soit là-dedans. Il ne faut pas oublier qu’il n’est pas francophone d’origine. Sa frustration s’exprime avec un vocabulaire qui n’est pas aussi large que le nôtre et ça peut être mal interprété.»

«Il doit maîtriser ses prises de parole à chaud»

Une simple erreur de syntaxe? Le directeur sportif parisien avait déjà perdu son latin après l’expulsion de Mamadou Sakho à Montpellier (1-1) en novembre en jugeant l’arbitre de la rencontre «trop fiscal». Interrogé, un autre consultant en communication d’une agence parisienne juge que Leonardo a justement profité de l’occasion pour «adresser un message à son futur adversaire européen et à ses actionnaires. C’est une manière de les rassurer.» «Pour moi, c’est juste une mauvaise préparation de la communication, poursuit Aymeric Granet. On ne peut pas dire qu’il ne réfléchit pas à la communication. Quand il recrute un Beckham, on voit qu’il maîtrise ce domaine puisque la présentation du joueur a été calée sur l’agenda médiatique. Il doit juste davantage maîtriser ses prises de parole à chaud.»

Le directeur sportif ne se contente pas de faire parler de lui en zone mixte. Leonardo profite également d’entretiens plus posés pour faire passer ses messages. Dans une interview accordée à l’AFP, il affirmait que le PSG suscitait «l’envie et la jalousie» en France. Une phrase qu’aurait pu prononcer Jean-Michel Aulas lors de ses crises de paranoïa médiatique. «Il n’essaie pas de victimiser le PSG, il essaie de valoriser le travail réalisé au PSG, analyse Aymeric Granet. Il faut créer une image autour du club. C’est gênant que Leonardo se mette la Ligue 1 à dos mais s’il avait fait une déclaration en ciblant l’OM, tous les supporters seraient ravis. Ça fait partie de la construction de l’image du club.» Un des objectifs fixés par les Qataris il y a un an et demi à son arrivée au club.