Brahim Asloum: «On a besoin du ministère pour reconstruire la boxe en France»

INTERVIEW L'ancien boxeur, désormais vice-président de la fédération, dresse un tableau plus optimiste, sept mois après les Jeux...

Propos recueillis par Romain Scotto

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L'ancien boxeur Brahim Asloum, à la salle Wagram, le 31 janvier 2012.
L'ancien boxeur Brahim Asloum, à la salle Wagram, le 31 janvier 2012. — A.Gelebart/20minutes

Sept mois après les Jeux, les larmes d’Alexis Vastine sont séchées. Les grands chambardements ont commencé à la fédération où un nouveau président a été élu. André Martin a remplacé Humbert Furgoni, emmenant dans ses valises Brahim Asloum, désormais vice-président délégué, en charge de l’international. L’ancien champion olympique sait qu’il lui reste beaucoup de travail pour sortir la boxe française de la crise…

Où en est la boxe en France, sept mois après les Jeux?

On a un nouveau président, André Martin, donc c’est le début. On est déjà allé à l’IABA (la fédération internationale) avec le président, voir les instances, le président de l’AIBA. On veut savoir ce qu’il s’est passé avant nous. Savoir quelles sont les nouvelles directives internationales, où la fédération veut aller, comment on peut fonctionner. On a balayé l’ensemble des sujets.

Qu’est ce que le nouveau président peut apporter à la boxe qui faisait défaut à l’ancien?

De la transparence. De l’honnêteté. Après, c’est à nous d’apporter de la créativité. On a besoin de parler au monde de la boxe, de l’écouter et que tout le monde donne son avis. Il faut essayer de voir ce qui est le plus adéquat. Il y a un travail de fond à faire. Il faut revaloriser notre championnat, nos boxeurs. A partir de là, on pourra s’exposer à l’international.

La fédération avait-elle une responsabilité dans le zéro pointé des derniers JO?

Oui, le président a changé très peu de temps avant les Jeux. Il a viré Dominique Nato (ndlr: l’ancien  DTN qui a officiellement démissionné) après les mauvais résultats qu’on a eus à aux championnats du monde à Bakou. Derrière l’équipe s’est un peu disloqué. L’ancien DTN n’était pas à la hauteur. On avait une équipe où tout le monde s’entraînait comme il voulait, des entraîneurs qui n’étaient pas forcément des entraîneurs d’équipe de France et qui venaient à l’Insep. C’était un peu n’importe quoi. Il y a eu un laisser-aller. Le président sortant avait d’autres objectifs et d’autres intérêts. On a plus ou moins payé une politique et il n’y a pas eu de débriefing. L’ancien président n’a rien fait. On n’a pas eu d’explication.

Avez-vous l’assurance que les problèmes rencontrés avant Londres ne seront pas les mêmes avant Rio 2016?

Ça c’est sûr. Ça suffit. Il ne faut pas qu’on paye toutes les cinq minutes les erreurs de nos aînés. Une inspection a été mise en place à la fédération. On va savoir ce qu’il s’est passé, où en est la fédération financièrement. A partir de là, on va remettre des priorités et préparer des équipes performantes pour le futur. On va voir comment la France peut se positionner. On a rendez-vous avec le ministère pour leur exposer tout ça. A partir de là, ce serait intéressant de reconstruire ensemble la boxe. On a besoin du ministère pour nous aider à avancer, nous donner une crédibilité.

Etes-vous inquiet pour l’avenir?

Si je me suis engagé c’est que j’ai confiance. Mais il y a beaucoup de travail, il faut rassembler. Des clubs ont leur importance. Et l’arbitrage va changer, ce sera un point un point nécessaire pour nous aussi. Il sera beaucoup plus juste. Il y aura un tirage au sort fait par les machines. Au moment des combats, il y aura cinq arbitres. Trois seront sélectionnés par la machine et les arbitres ne seront pas au courant. Personne ne sera quelle note est prise. C’est vraiment le hasard. Il y aura une justesse plus intéressante.

Qu’avez-vous à apprendre des autres fédérations?

On a beaucoup de choses à apprendre des autres. On doit regarder comment les fédérations majeures fonctionnent. Moi je le soumettrai à mon président lors du comité directeur. Ma priorité était de régler les affaires courantes, que le président prenne les dossiers en main.