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Greffe du foie: Le retour d'Eric Abidal en questions

Greffe du foie: Le retour d'Eric Abidal en questions

FOOTBALLTransplanté en avril 2012, le défenseur des Bleus s'entraîne avec le Barça et peut être rappelé dans le groupe à tout moment...
Romain Scotto

Romain Scotto

A l’entraînement, Eric Abidal est désormais un joueur comme un autre au milieu des stars du Barça. A un détail près. L’international français attend depuis dix mois une convocation en équipe première. Transplanté du foie en avril dernier, le défenseur serait de plus en plus proche d’un retour qui pose tout de même quelques questions.

Son retour est-il précoce? Se reconstruire en tant que sportif de haut niveau en dix mois n’est pas un exploit en soi note Sébastien Dharancy, professeur en hépatologie au CHR de Lille. «Je ne suis pas trop étonné. Ce délai est à peu près raisonnable. Les patients normaux retravaillent au bout de six mois quand le traitement est équilibré.» Chez les greffés, seuls les trois premiers mois sont hautement à risque. A dix mois, Abidal n’a donc grillé aucune étape.

Profite-t-il de son vécu de sportif de haut niveau? Oui, dans la mesure où il ne présentait pas de «co-morbidités», ou la présence d’un trouble associé à une maladie primaire. «Il n’avait pas de diabète, d’obésité, de tension artérielle et a profité des bénéfices de son jeune âge (33 ans tout de même). Pour lui c’est déterminant», indique le professeur Georges Pageaux, du CHU de Montpellier. La dimension mentale est aussi fondamentale. Dès son opération, Abidal n’avait qu’une chose en tête: rejouer avec le Barça. Un exemple pour tous les patients en attente d’une greffe de foie. «S’il rejoue, on va citer longtemps son nom pendant nos consultations. C’est évident», avoue l’hépatologue montpelliérain.

Prend-il des risques? En clair, Eric Abidal est-il plus sensible aux coups que les autres joueurs? Non, répondent les médecins. «Il y a une cicatrice qui se fait très rapidement. Les chocs externes ne peuvent pas l’abimer», indique le spécialiste montpelliérain. En revanche, en tant que greffé, le joueur présente une sensibilité plus importance vis-à-vis des infections. Si un virus se propage dans l’effectif du Barça, il pourrait bien toucher en priorité le greffé. Abidal peut aussi souffrir d’effets indésirables comme une modification de sa tension artérielle ou un changement dans son bilan lipidique. Des données inconnue puisque soumises au secret médical.

Quelles contraintes? Pour éviter le rejet du greffon, le défenseur devra prendre toute sa vie des médicaments immunosuppresseurs. Mais cela n’empêche en rien la pratique du sport de haut niveau. Pour se rassurer, le joueur peut se dire que «la greffe de foie restitue un état physique antérieur à la maladie, comme l’indique le professeur Dharancy. Ce n’est pas du palliatif. Et plus on s’éloigne de la greffe, plus le risque de rejet diminue.» De quoi garder la foi pour poursuivre quelques années une carrière pro.