Ligue des champions/Aly Cissokho: «Valence n'a rien à envier au PSG»
INTERVIEW•L'ancien lyonnais, libéré depuis qu’il joue en Liga, est persuadé que Valence peut éliminer le PSG...Propos recueillis par Julien Laloye
De notre envoyé spécial à Valence (Espagne)
Légèrement blessé à la cheville lors de la victoire de Valence à Vigo samedi, Aly Cissokho a entamé une mini course contre la montre pour pourvoir tenir sa place contre le PSG mardi soir. Un temps ignoré par le nouveau coach des «Che» Ernesto Valverde, l’ancien Lyonnais a fait son trou dans le championnat d’Espagne, qu’il ne regrette pas un instant d’avoir rejoint. Pas plus qu’il ne doute des chances de voir son club éliminer Paris en Coupe d’Europe.
Vu de Paris, tomber sur Valence en 8e de finale de la C1 est considéré comme un bon tirage. Vu de Valence, tomber sur le PSG fait le même effet?
Disons que la Ligue 1 n’est pas trop retransmise en Espagne, alors le PSG, les gens ne regardent pas trop. Evidemment, le club est un peu perçu comme le nouveau Manchester City, tout le monde sait qu’il existe une énorme différence de moyens entre les deux équipes. Après quand on compare les deux effectifs, on n’a pas grand-chose à leur envier. On reste sur deux très bons matchs contre le Real et le Barça, on peut être sûr de nos forces.
Les forces de Valence justement, c’est quoi?
Un jeu porté vers l’avant, avec beaucoup de joueurs très techniques au milieu qui ne sont pas très connus en France. Banega, il est international argentin, Jonas c’est pas mal non plus, Piatti et Vieira peuvent tout changer quand ils rentrent. Et puis en attaque on a Soldado, notre Ibra à nous. Devant le but, il met neuf ballons sur dix au fond. Paris va être surpris.
Cela explique aussi le fait que vous encaissiez beaucoup de buts pour une équipe de ce standing?
A domicile, c’est vrai qu’on a pris cette mauvaise habitude. Contre le PSG, il faudra penser à gérer et à ne pas perdre de vue le fait qu’on parle d’une confrontation aller/retour. L’idée, c’est de se donner l’opportunité d’y croire au Parc, quitte à calculer plus que d’habitude et à ne pas se jeter à l’attaque.
On imagine que c’est un style de jeu qui vous convient bien?
Ici, un latéral qui passe son temps dans sa moitié de terrain, c’est sûr que cela ne passe pas (rires). La Liga est un championnat qui permet de se montrer quand on joue à mon poste. C’est plus ouvert, il y a des bons manieurs de ballon partout, même le dernier vient chez toi pour gagner. C’est autre chose qu’en France, où les équipes qui venaient à Gerland évoluaient très bas pour ramener le point du match nul.
Aucun regret d’avoir quitté la Ligue 1, donc?
J’ai passé trois ans à Lyon, titulaire la plupart du temps. Je pense avoir beaucoup progressé au contact de Claude Puel ou de Rémi Garde, mais j’avais envie de connaître une nouvelle expérience à l’étranger. Ma préférence allait vers l’Angleterre mais Valence c’est quand même un grand d’Espagne, un challenge super intéressant. Je ne regrette pas mon choix un instant.
Pourtant, ce départ ne vous a pas rapproché de l’équipe de France. Vous y croyez toujours?
Quand je vois Alessandrini qui a commencé à Gueugnon avec moi, cela prouve que tout le monde a sa chance. Il y a de très bons joueurs devant moi mais je suis encore jeune et j’ai joué dans des clubs prestigieux. Porto, Lyon et Valence, ce n’est quand même pas rien, j’espère avoir de nouveau ma chance.
Même en jouant dans un championnat éclipsé par la rivalité entre le Real et le Barça?
C’est sûr qu’avec le Real et le Barça qui dominent le championnat de la tête et des épaules il y a un risque d’être moins visible... Maintenant le sélectionneur a joué ici, il sait comment ça fonctionne en Espagne. Je suis sûr qu’il regarde les matchs de Valence.


















