Entre la L1 et les bookmakers, rien ne va plus

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L'arrivée massive des bookmakers en ligne dans le paysage footballistique français suscite actuellement une vaste polémique. Les dirigeants de clubs, soutenus par Frédéric Thiriez (président de la Ligue de football professionnel), réclament un retour financier de l'exploitation de leur image par les bookmakers, mais également par la Française des Jeux, qui détient le monopole des paris sportifs en France.

« Les clubs en ont assez d'être pillés de tous les côtés. Ils sont pillés par les sites Internet illégaux, mais aussi par la Française des Jeux, qui fait 300 millions de recettes sur le football sans jamais verser aux clubs un centime. L'Etat se sert très largement sur le dos du football », a lancé sur RTL le président de la LFP. Jean-François Lamour a rapidement réagi et pris la défense de la Française des Jeux. « Sur les 300 millions de recette, 250 millions d'euros vont vers le fonds national pour le développement du sport, a tenu à préciser le ministre des Sports. Le football professionnel n'en profite pas, mais le football amateur touche 11 millions d'euros sous forme d'investissements en équipements sportifs. »

Les pouvoirs publics sont en revanche nettement moins conciliants avec les sites Internet de paris sportifs. Dans le collimateur actuellement : la société Bwin, basée à Vienne (Autriche), qui compte 10 millions de clients. Cette saison, l'entreprise parraine notammement Auxerre, Bordeaux, Saint-Etienne, Le Mans et Monaco. C'est d'ailleurs avant une conférence de presse à la Turbie, et à la suite d'une plainte de la Française des Jeux, que deux des responsables de Bwin ont été interpellés vendredi. Ils ont été relâchés hier après avoir été mis en examen pour « atteinte au monopole en matière de pronostic de course hippique, autres évènements sportifs et loterie. » C'est désormais la cour européenne qui va se pencher sur le dossier avec la possibilité d'une condamnation de la France pour entrave à la libre concurrence.

J. Capton

Jean-François Copé, ministre délégué au Budget, a annoncé hier que des sanctions financières seraient prises contre la publicité pour les jeux d'argent illégaux. « Les sanctions iront jusqu'à cinq fois le montant de l'investissement publicitaire, soit une moyenne de 300 000 e », a-t-il expliqué, alors qu'elles sont actuellement limitées à 4 500 e. Le ministre a rappelé que l'argent récolté par la FDJ était essentiel pour le sport amateur : « Les professionnels ont d'autres sources de financement. »