Passer au contenu principalPasser à l'en-têtePasser au pied de page
Rugby/Toulouse: «L’épisode Servat est d’un ridicule consommé», selon Jean-René Bouscatel

Rugby/Toulouse: «L’épisode Servat est d’un ridicule consommé», selon Jean-René Bouscatel

INTERVIEWLe président des Rouge et Noir fait le point sur l'actualité de son club...
Nicolas Stival

Nicolas Stival

Propos recueillis par notre correspondant à Toulouse,

Eliminé de la Coupe d’Europe, le Stade Toulousain, dauphin de Toulon, reste «dans les clous» en Top 14, selon Jean-René Bouscatel. Le président du double champion de France en titre évoque l’actualité, chargée, de son club.

Comment vivez-vous les critiques sur le jeu du Stade Toulousain?

Le jeu toulousain d’il y a dix ou vingt ans n’était pas le même car les règles du rugby étaient différentes. De plus, nous avons comme tous les ans beaucoup de difficultés à mettre notre jeu en place, de par nos nombreux sélectionnés. Lors de certains entraînements, il n’y a pas le nombre de joueurs requis pour pouvoir faire les exercices. Avec le temps, les choses s’amélioreront. Il nous reste le championnat de France que nous avons gagné les deux dernières saisons. L’année d’avant, nous avions été champions d’Europe. On parle beaucoup du Stade Toulousain. Dès que nous perdons deux matchs, c’est une catastrophe. Lorsque certains clubs gagnent deux matchs, c’est un exploit. Je préfère être dans notre situation.

Le staff toulousain fait beaucoup parler. Le club a publié un communiqué au sujet de William Servat, l’entraîneur des avants…

(Il coupe) Cet épisode est d’un ridicule consommé. Je n’ai jamais rencontré William Servat pour discuter du fait qu’il voulait rejouer, avec une revalorisation (de son salaire), comme cela a été affirmé. Willam Servat est entraîneur, aux conditions que nous avons vues ensemble. Il a joué quelques matchs en raison de circonstances exceptionnelles (les absences des talonneurs habituels, blessés ou suspendu). C’était bien déterminé avec le staff sportif, notamment avec Guy Novès (le manager général). William a toute ma confiance. C’est un entraîneur viscéralement attaché à son club, un grand affectif. Nous avons des relations d’amitié, de clarté et de franchise.

Où en êtes-vous avec Jean-Baptiste Elissalde (en charge des trois-quarts), dont le contrat arrive à son terme?

Il n’y a aucun problème avec Jean-Baptiste. Nous nous sommes mis d’accord sur le principe d’une prolongation. Nous discutons les conditions de ce contrat, ce qui est tout à fait naturel.

En Top 14, la concurrence est vive avec Clermont et Toulon. Voire exacerbée avec le RCT…

La rivalité existe, elle est nécessaire. Si on veut progresser, il faut des adversaires. La qualité du Top 14 fait que cette concurrence est de plus en plus forte. Après, si l’on se concentre sur Toulon, c’est le Var, la Méditerranée… Tout y est exacerbé. On gagne deux fois, on est champions du monde, on perd deux fois, c’est la crise. La vie, ce n’est pas ça. Je vis ma 21e saison à la présidence du club, dont vingt ans avec Guy Novès. On a joué 19 finales, dont 16 gagnées. On a connu aussi des coups de mou. Mais il n’y a pas de mauvais vent pour ceux qui savent où ils veulent aller. Je ne dis pas que nous serons champions de France ou d’Europe tous les ans. Mais nous essaierons de l’être et de pouvoir rivaliser pour, avec beaucoup de travail et un peu de chance, y arriver.

Plus généralement, le Top 14 donne l’impression de se développer alors que la Ligue 1 de football se fait piller...

Le Top 14 est une compétition extraordinaire qui nécessite de la régularité de la performance lors de la phase qualificative, avant de se transformer en coupe de France en phase finale. Le championnat pourrait être encore plus attractif s’il n’y avait pas des matchs gâchés par les doublons. Il y a sept ou huit équipes à la lutte (dans le haut du tableau). Est-ce que cela existe en football, à part cette saison où trois formations se battent un peu, car le PSG n’a pas encore pris son rythme de croisière ? En rugby, toutes les équipes, de la première à la dernière sont compétitives, ce qui est nouveau. Le football touche les excès de son modèle économique. Les droits télé représentent plus de 60% des budgets des clubs. Au Stade Toulousain, les droits télé, couplés avec ceux du marketing, Coupe d’Europe incluse, c’est entre 7 et 8% du budget. Tout le reste, on va se le gagner.