Pierre-Marie Geronimi: «Les supporters bastiais ne sont pas plus violents que les autres»
INTERVIEW•Le président de Bastia s'inquiète des conséquences de la suspension de trois matchs du stade de Furiani...Propos recueillis par Romain Scotto
Cela fait plus d’un mois que les Bastiais n’ont pas mis les pieds dans leur stade de Furiani pour un match officiel. Suspendus par la Ligue pour trois rencontres, en raison d’incidents à répétition, les joueurs du Sporting ont déjà joué deux fois à Gueugnon et cherchent une terre d’accueil pour le macth contre Evian, le 2 février. En attendant, le président Geronimi tient à rétablir quelques vérités sur son club…
Il ne reste plus qu’un match de suspension concernant votre stade. Où jouerez-vous la semaine contre Evian, la semaine prochaine?
On a pris contact avec les gens d’Auxerre. On a été très bien reçus. En termes de voyage, ce n’est pas évident non plus. Gueugnon, aujourd’hui, c’est perdu. On a eu beaucoup de mal à atterrir en avion parce que l’aérodrome n’était pas équipé en système de dégivrage. On a dû atterrir à Clermont. Il n’y avait pas beaucoup de monde au stade. C’est l’antithèse du football moderne.
Avec un peu de recul, quelle est votre analyse de cette suspension de stade?
On en est au stade où on avancer, pour que tout cela ne se reproduise pas. On fait en sorte que tout ça n’arrive pas. On fait un gros travail en interne auprès des supporters non organisés. On sera à l’avenir beaucoup plus sévère sur ce qui se passera au stade. Là, on aura joué dix matchs de suite à l’extérieur ce qui, je pense, n’est jamais arrivé dans le football. Si on arrive à se maintenir sportivement après une saison comme ça, ce sera un authentique exploit. Là, les joueurs sont usés. Ça fait trois mois qu’ils ne jouent plus dans leur stade, devant leur public. Ils sont fatigués.
Cela représente un gros manque à gagner pour le club?
Oui. Quand on prend les recettes aux guichets, de buvettes, les compensations aux annonceurs et aux partenaires, on dépasse le million d’euros, ce qui est faramineux pour le Sporting Club de Bastia.
Serez-vous obligé de vendre des joueurs pour équilibrer les comptes avant la fin du mercato?
Non, ça ne veut pas dire ça, mais ça veut dire que cet argent ne sera pas investi l’année prochaine au niveau de notre masse salariale. On prendra moins de joueurs, on cherchera des joueurs moins chers, voilà. Mais bon, on ne va pas vendre un joueur pour compenser tout ça.
Avez-vous l’impression de payer pour la bêtise d’un supporter?
La réalité, c’est que des milliers d’abonnés payent pour l’imbécillité d’un supporter. Après, on est peut-être aussi responsable puisque c’est dans notre stade. Juridiquement parlant, on est responsables de nos supporters. Il peut toujours y avoir un fou. On a assassiné un président des Etats-Unis, on a tiré sur un pape. Nous, on ne passe pas entre les gouttes.
Vous reconnaissez que c’est un problème récurrent à Bastia?
Les joueurs qui viennent ici repartent et disent tous la même chose: que tout ce qui est dit, c’est n’importe quoi. Il y a toujours un idiot qui va insulter un joueur. Mais dire qu’il y a une insécurité à Furiani, je ne peux pas laisser dire ça. J’ai vu des arbitres prendre des pierres et des briquets à Bollaert. Dans le meilleur public de France, il y avait un imbécile ce jour-là. Vous allez à Montpellier, à Nice, il y a des supporters qui poussent leur club et qui l’aiment. Ce n’est pas pire à Bastia. Je ne pense pas que nos supporters soient plus violents que les autres. Je pense même le contraire.
Quels moyens avez-vous mis en œuvre pour pacifier vos tribunes?
On a signé une charte de bonne conduite. On rencontre régulièrement les supporters. On a demandé que les leaders de groupes soient identifiés, que les associations soient inscrites en préfecture. On a nous-même nommé un directeur de la sécurité, Anthony Agostini, qui est un ancien supporter et qui est aussi docteur en droit. On a revu la formation de nos stadiers, on essaye d’avancer.


















