Affaire Armstrong: Pour Marc Madiot, dire que «Verbruggen et McQuaid sont des salopards, c’est trop facile»

CYCLISME Le manager de la FDJ revient sur les aveux de l'ex-vainqueur du Tour de France et le dopage dans le peloton...

Propos recueillis par Romain Baheux
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Le directeur sportif de la FDJ Marc Madiot lors de la présentation de l'équipe le 24 janvier 2013.
Le directeur sportif de la FDJ Marc Madiot lors de la présentation de l'équipe le 24 janvier 2013. — MARTIN BUREAU / AFP

Marc Madiot enchaîne les interviews, souligne les ambitions de Thibaut Pinot et évoque la jeunesse de son équipe Française des Jeux. Puis le sujet dopage et l’affaire Lance Armstrong sont mis sur la table et le manager devient intarissable. Lors de la présentation de son groupe ce jeudi à Paris, Marc Madiot a évoqué l’avenir du Mouvement pour un cyclisme crédible (MPCC), qui regroupe des équipes cyclistes professionnelles, et est revenu sur l'affaire Armstrong.

De nombreuses équipes demandent à intégrer le MPCC. Avez-vous peur que le mouvement soit dévoyé avec des formations comme Katusha ou Astana?

On se donne des règles mais attention, on les applique. On ne va pas pratiquer le délit de sale gueule, tous ceux qui veulent intégrer le MPCC sont les bienvenus mais on va parler franchement et librement. On va essayer de dégager les résolutions que l’on doit prendre. On peut se réjouir mais aussi avoir des craintes de voir ces équipes-là entrer chez dans le mouvement. On va leur ouvrir la porte et voir ensuite ce que l’on fait. On est là pour donner de la crédibilité à notre sport et développer un nouvel état d’esprit.

Souhaitez-vous que certaines équipes vous rejoignent?

Je ne souhaite rien du tout. Le MPCC existe depuis le Tour 2007, on était peu nombreux au départ. Ceux qui sont intéressés, j’ai envie de leur dire de venir. Si on est de plus en plus nombreux, ça sera tant mieux. J’invite aussi les organisateurs de course à nous rejoindre. L’avenir du vélo est le plus important, quitte à passer par des coupes franches avec certains.

Quelle avancée en matière de lutte anti-dopage souhaitez-vous cette saison?

Un des axes forts défendus par le MPCC, c’est le contrôle des corticoïdes. Un coureur qui a besoin d’un traitement à base de corticoïdes, il faudrait plutôt qu’il se repose. On va se tourner vers la fédération internationale pour demander un contrôle plus important de ces substances. Après, ce n’est pas à nous de faire la lumière sur les affaires de dopage ni de décider qui doit être sanctionné. C’est trop facile quand Armstrong dit que presque tout le monde était dopé dans le peloton. Si on dit «McQuaid et Verbruggen sont des salopards», c’est aussi trop facile.

L’UCI est trop laxiste?

Je ne porte pas de jugement sur l’UCI. C’est un peu facile de dire dix ou quinze ans après ce qu’ils auraient dû faire à l’époque. J’ai lu des choses qui m’ont énervé ces derniers temps. Il y a une commission qui devra faire la lumière. Les mauvaises années, on ne va pas les réécrire. Au mieux, on mettra un coup d’effaceur comme on a fait avec Armstrong. Il faut maintenant se demander ce qu’on tente de transmettre comme image aux gens qui sont au bord de la route.