Dakar 2013: Pourquoi Cyril Despres est-il imbattable?

MOTO Le Français devrait remporter son 5e Dakar vendredi...

Antoine Maes

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Le motard Cyril Desprès, le 14 janvier 2013 sur le Dakar
Le motard Cyril Desprès, le 14 janvier 2013 sur le Dakar — Victor R. Caivano/AP/SIPA

De notre envoyé spécial à Copiapo (Chili),

Sauf catastrophe, Cyil Despres signera sa 5e victoire en moto sur le Dakar vendredi. Pilote d’exception, le Français bénéficie aussi d’une KTM qui pourrait signer sa 12e victoire consécutive. Mais ça ne suffit pas au natif de Nemours, qui a quelques bottes secrètes qui le rendent presque invincible sur les dunes d’Amérique du Sud.

Parce que c’est un athlète – La scène est assez improbable sur le bivouac. La moto à peine lâchée aux mécanos en fin d’étape, Cyril Despres boucle les interviews pour filer sur son vélo. Il y pédale quelques minutes, pour une sorte de décrassage histoire de libérer les dernières toxines, avant de filer au massage et même de se plonger dans un bain froid. Le quadruple vainqueur du Dakar est un sportif de haut niveau, et ce toute l’année, puisque sa préparation physique (course, musculation…) n’a pas d’équivalent chez les pilotes. «Il est super affuté… Mais bon il se pignole un peu (rires), rigole son ami Stéphane Peterhansel! Ceci dit, il n’est plus tout neuf, il a raison de mettre toutes les chances de son côté».

Parce qu’il a un coéquipier fidèle – Le grand public ne le connaît pas, mais le bivouac sait très bien ce que Cyril Despres lui doit. Le Portugais Ruben Faria, coéquipier modèle, ne fait pas que partager le camping-car du Français. C’est son porteur d’eau, son ami, son poisson pilote. Il serait capable de gagner le Dakar, mais son rôle chez KTM est bien défini. En début de semaine, il s’est retrouvé en tête du général, mais il ne faisait aucun doute que la situation ne durerait pas: dans la maison orange, c’est Despres qui doit gagner. «Cyril champion, c’est bien l’objectif, confirme Faria. Si je finis second, ce n’est pas que je suis allé chercher ce résultat. J’ai fait du bon boulot et ça a tenu en fonction des circonstances», avance le coéquipier du Français. «Avec tout ce qu'il a fait pour moi, j'essaie de lui rendre la monnaie de sa pièce. Pare que si on faisait 1 et 2, ça claquerait», loue Despres. 

Parce que c’est le meilleur navigateur – Gagner le Dakar, ce n’est pas seulement rouler à bloc pendant quinze jours. C’est aussi savoir naviguer, avec son roadbook et son GPS. Un art dans lequel Cyril Despres est passé maître. En l’absence de Coma, il était le seul patron de l’orientation. Ce qui l’a d’ailleurs passablement énervé, ses concurrents passant beaucoup de temps à se caler dans sa roue pendant l’étape et à le sauter sur la ligne d’arrivée. Jeudi, il a tout simplement laissé faire. «J'ai décidé de ne pas ouvrir la piste. J'ai décidé de les laisser faire, et je pense qu'ils vont avoir mal au cou parce que comme j'étais derrière, ils arrêtaient pas de se retourner. C'est pas facile d'ouvrir et d'aller vite, il faut apprendre, comprendre le désert et les vallées», prévient Cyril Despres.