Dakar 2013/Stéphane Peterhansel: «On peut se permettre de perdre 15 minutes par jour»

INTERVIEW A moins d'un cataclysme, le Français devrait remporter son 11e Dakar vendredi au Chili...

Antoine Maes

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Le pilote français Stéphane Péterhansel, au bivouac d'Arequipa, le 9 janvier 2013.
Le pilote français Stéphane Péterhansel, au bivouac d'Arequipa, le 9 janvier 2013. — F.Fife/AFP

De notre envoyé spécial à Fiambala (Argentine),

«Si je gagne, ce sera un super bonus.» La victoire sur le Dakar, Stéphane Peterhansel connaît, lui qui l’a déjà remportée 10 fois. En tête du général ce mercredi soir, (51 minutes et 59 secondes d'avance sur De Villiers) le Français et sa Mini n’ont plus grand-chose à craindre. Surtout quand les eaux montent en Argentine et que la direction de la course raccourcit les étapes.

Est-ce qu’une étape raccourcie comme aujourd’hui, à cause des intempéries, représente un avantage pour vous?

J’étais presque surpris de prendre le départ. Sur la liaison, il y avait de l’orage, on voyait monter les rivières. Mais moins il y a de kilomètres dans une étape, mieux c’est pour moi. C’est facile à comprendre. Quand tu es en tête, tu fais un décompte: cinq jours, quatre jours, trois jours… C’est basique comme réflexion. Chaque kilomètre qui passe se dirige vers la victoire.

Est-il possible de gérer dans votre position?

Avec une cinquantaine de minutes d’avance, tu peux le prendre un peu plus cool. Mais c’est aussi un peu emmerdant, parce que quand tu ne calcules pas, tu es concentré, à bloc. Quand tu commences à gérer, tu vas peut-être trop doucement, et tu peux faire des conneries.

Qu’est-ce qui peut encore vous faire perdre?

Il y a la panne mécanique. Une pièce à deux balles qui rend l’âme, ça peut arriver. Après c’est faire une connerie. Ce qui me stresse le plus c’est de me mettre dans un entonnoir de sable. Même avec l’expérience, ça peut arriver. Sur un Dakar, chaque kilomètre peut être un piège. J’ai déjà eu des casses avec la ligne d’arrivée en vue.

Vous y pensez déjà à cette ligne d’arrivée?

Même si je ne le laisse pas voir, je compte les jours jusqu’à Santiago. On peut se permettre de perdre 15 minutes par jour jusqu’à l’arrivée tout en gardant la première place. Quand on était à la bagarre avec Nasser, c’était à la minute, on ne pouvait rien lâcher, on ne pouvait pas réfléchir.