Mondial de hand/Tunisie : «Peut-être que la France ne sera pas encore dans le rythme…»

HANDBALL Le premier adversaire de l'équipe de France est en pleine reconstruction...

Propos recueillis par Julien Laloye

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Le joueur tunisien Heykel Megannem, le 4 août 2012 à Londres.
Le joueur tunisien Heykel Megannem, le 4 août 2012 à Londres. — V.Ghirda/SIPA

De notre envoyé spécial à Granollers (Espagne)

Après 14 ans de bons et loyaux services, Heykel Megannem, porte-drapeau de son pays lors des JO de Londres, a mis fin à sa carrière internationale avec la Tunisie. Le demi-centre de Saint-Raphaël (Var), auteur d’une belle carrière dans le championnat de France (deux titres avec Montpellier), n’est jamais parvenu à battre les Bleus. Et il doute que ses compatriotes y parviennent samedi lors de leur premier match du Mondial (20h45)…

La Tunisie a été quart de finaliste aux JO. Peut-elle être considérée comme une nation qui compte désormais?

Grâce à notre participation aux Jeux, certains joueurs ont plus d’expérience, plus d’assurance. Il y en a quelques-uns de talent, comme notre arrière-gauche Jallouz, notre arrière-droit Bannour, notre ailier Toumi, qui a signé à Nantes… Mais le groupe est encore jeune et manque de pas mal de choses. Aujourd’hui, la plupart des meilleurs Tunisiens évoluent au pays, alors qu’avant ils étaient en France. On ne peut pas se considérer comme une nation forte du handball.

Pourtant, la demi-finale olympique n’était pas si loin (défaite 25-23 contre la Croatie)…

Ce n’est pas parce qu’on a fait notre meilleur match des JO ce jour-là contre les Croates que la Tunisie part avec des certitudes. On avait aussi fait un bon match contre la France, et on a perdu (25-19). Il y a des joueurs qui sont nés en 90/91, ils ont une belle marge de progression, il faut voir comment ils réagissent par rapport à cet événement. Une place en quarts de finale, ce serait déjà bien.

Et une victoire contre la France, c’est possible?

La France, c’est la meilleure équipe du monde. Un match toujours très délicat à jouer pour nous, même si c’est peut-être mieux de jouer les Français dès le premier match. Peut-être qu’ils ne seront pas encore dans le rythme!

L’exploit est donc envisageable?

C’est un match spécial qu’on a en général très envie de gagner, car c’est face à des joueurs qu’on côtoie au quotidien dans les clubs. Le problème, c’est que c’est une rencontre très difficile sur le plan physique. Souvent, on tient 40/45 minutes, comme aux JO, et puis on craque. La dimension athlétique est très dure à gérer quand on joue la France.

Comment vous l’expliquez?

Il y a d’abord une différence de gabarits. C’est compliqué de rivaliser pendant 60 minutes quand on rend 30 kilos à l’adversaire sur chaque poste. Et puis il nous manque la profondeur de banc de l’équipe de France. On a six ou sept joueurs vraiment de niveau international, pas plus, il y a donc un déséquilibre sur certains postes. Par exemple, la base arrière n’avait presque jamais tourné aux Jeux. Sur un match entier, c’est ce qui nous pose problème.