Dakar 2013: Robby Gordon, le bad boy des dunes

RALLYE L'Américain, disqualifié pour tricherie l'an passé, prend un malin plaisir à allumer ses concurrents...

Antoine Maes

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Le pilote américain Robby Gordon, le 4 janvier 2013, à Lima, à la veille du départ du Dakar 2013.
Le pilote américain Robby Gordon, le 4 janvier 2013, à Lima, à la veille du départ du Dakar 2013. — FRANCK FIFE / AFP

De notre envoyé spécial à Lima (Pérou)

On le voit arriver de loin. Dans son Hummer orange fluo, l’Américain Robby Gordon ne passe pas inaperçu. Mais ce sont surtout ses frasques récurrentes et une langue sacrément bien pendue qui lui valent une inimitié solide chez quasiment tous les concurrents du Dakar. «Il y a des jaloux, mais c’est parce qu’ils voient qu’on construit de plus belles voitures qu’eux», chambre le Californien au volant de sa machine, qu’il surnomme «The Beast».

Nasser Al-Attiyah: «C’est un enfant» 

Chez lui, la mauvaise foi n’a d’égal que son tempérament agressif volant en main. Car, il faut bien le dire, avec ses faux-airs du comédien anglais Ricky Gervais, Gordon prend un malin plaisir à provoquer ses petits camarades. Quand il surnomme le véhicule de Nasser Al-Attiyah «buggly», contraction de «buggy» et «ugly» (moche). Ou qu’il agrémente son casque d’un dessin d’une canette de Speed, une boisson énergisante qui le sponsorise, qui en écrase deux autres: une de Monster et une autre de Redbull. Soit les sponsors respectifs de Stéphane Peterhansel et Nasser Al-Attiyah. 

Ces deux-là ont beaucoup de mal à supporter tout le cirque de l’Américain. «C’est un enfant. En tout cas, c’est pas un mec normal», balance le Qatarien, pourtant pas réputé pour ses punchlines. «Il est hyper-provocateur, on le sait, ajoute Stéphane Peterhansel. C’est un peu dans l’esprit américain. C’est un compétiteur un peu décalé par rapport aux pilotes du Dakar». Ce que retient Robby Gordon de ces remarques acerbes? «Si je ne faisais pas le show, ce serait chiant.»

Gordon: «S’ils pensent que j’étais rapide l’an dernier, ils vont être surpris cette année» 

Sauf que Gordon est déjà allé plus loin que les simples bravades verbales. L’an dernier, il avait été exclu du Dakar pour avoir bidouillé son moteur. Il n’avait plus aucune chance de l’emporter, mais si ça avait été le cas, il aurait «porté plainte devant un tribunal américain».

Du coup cette année, tout le monde épie son bolide, comme les mécanos des écuries concurrentes venus photographier l’engin que Gordon avait décidé de dévoiler le plus tard possible. Des commissaires du Dakar sont même allés inspecter son Hummer pendant sa construction dans ses ateliers de Charlotte (Caroline du Nord). «S’ils pensent que j’étais rapide l’an dernier, ils vont être surpris cette année», fanfaronne une dernière fois l’Américain.