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Dakar 2013: Machisme, destruction du patrimoine, chauffards... Etienne Lavigne face aux préjugés

Dakar 2013: Machisme, destruction du patrimoine, chauffards... Etienne Lavigne face aux préjugés

RALLYELe patron du Dakar répond aux sempiternelles critiques qui entourent la course...
Antoine Maes

Antoine Maes

De notre envoyé spécial à Lima (Pérou)

Sur la terrasse du Hilton, la vue du Pacifique au petit matin n’est pas de taille à ramollir Etienne Lavigne. Le patron du Dakar, à l’heure du petit déjeuner, est toujours au taquet pour en découdre avec les préjugés qui entourent encore une épreuve parfois mal-aimée des Français.

Le Dakar est une course de machos – «C’est pas qu’on accepte pas les femmes, c’est qu’elles ne viennent pas. C’est vrai que c’est une course difficile, et que c’est plutôt une course d’homme. Moi je serai ravi qu’il y en ait plus, ce serait plus sympathique. Les attirer? J’adorerai mais elles ne viennent pas parce que c’est peut être trop dur pour elles, qu’elles ont peut être un a priori. L’environnement est difficile, il fait chaud, c’est sale, c’est rugueux comme compétition. Le sport auto n’est pas très féminin, et qui plus est le Dakar».

Le Dakar détruit le patrimoine local – «Ca fait partie des oripeaux qu’on traine depuis très longtemps. Mais le Dakar a fait sa mutation. Avant même de venir en Amérique du Sud. On a cette priorité de préserver l’environnement, on dépense beaucoup d’argent pour ça, entre 130.000 et 140.000 euros. Quand on fait les reconnaissances du Dakar, on emmène des archéologues, des paléontologues, des gens de l’environnement. On l’aurait pas dit ça il y a quelques années. Au Pérou l’année dernière, on a trouvé une momie. Ici, il y a une richesse étonnante. Les Péruviens n’ont pas forcément la sensibilité environnementale qu’on a en Europe. Le Dakar est le seul qui compense son empreinte carbone. Je ne suis pas sûr que Bernie Ecclestone (le grand argentier de la Formule1, NDLR) le fasse rapidement. Il faut sortir un peu de l’image du garageot qui pollue, c’est fini ça, cette vision très franco-française est très passéiste.»

Le Dakar, c’est moins dur qu’avant – «Ca c’est toutes les conneries qu’on peut entendre. Il y a 50% des gens qui vont arriver au bout, voire un peu moins. C’est une course extrême, avec malheureusement beaucoup de drame. C’est pas une promenade de santé. C’est 8.000 kilomètres à travers des territoires sublimes mais extrêmement risqués. Quand il fait 45° avec un casque de moto et une combinaison dans le sable… Les gens qui partent ne savent pas s’ils vont aller jusque la fin. Certes Peterhansel ne pleure plus. Mais les autres ils pleurent! Et ce ne sont pas des enfants de cœur qu’on emmène: ce sont des costauds, qui se sont entraînés, plutôt le profil guerrier.»

Les pilotes sont des chauffards – «Ca ce sont de vieilles histoires africaines, qui remontent au temps de Brasseur, etc… C’est fini ça! Tous les véhicules sont géolocalisés, on a la vitesse des mecs, on les chope tous les soirs. Et ils peuvent être punis. Quand tu files dix minutes de pénalité à un leader c’est une catastrophe. Les autres, c’est avec de l’argent, ça leur parle. Tu leur mets 1.500 ou 2.000 euros sur la tête, ça les calme très vite. Et là sur le Pérou, il y a 15.000 policiers mobilisés. La difficulté, c’est qu’on a 53 cultures de la route différentes. Entre un Kazakh, un Coréen et un Sud-africain, et Robbie Gordon qui fait le con, faut trouver un trait d’union. C’est pas des fous furieux, mais c’est une course, donc les gens ont des comportements de gens qui sont en course.»