Basket: Visite guidée du corps de Sean May, le colosse de la Pro A
BASKET•Le pivot américain du Paris Levallois est le meilleur marqueur du championnat...Propos recueillis par Romain Baheux
On a bien tenté de le faire poser torse nu mais sa pudeur et la fermeté de son refus ont rendu le cliché impossible. Pas besoin de ça pour voir que Sean May est un véritable phénomène physique. Ses 2,06 m et ses 121 kilos martyrisent ses adversaires depuis l’arrivée du pivot américain dans le championnat de France à l’intersaison. Meilleur marqueur de Pro A (20,1 points de moyenne), élu meilleur joueur en novembre, le pivot du Paris Levallois (PL) raconte comment il prend soin de son arme de destruction massive: son corps. Visite guidée d’un colosse.
Des prédispositions naturelles. «Mon atout majeur, c’est ma force. Je sais que je suis plus gros que les autres gars sur le parquet. A l’école, au collège, au lycée, j’étais toujours le plus costaud de ma classe… J’ai appris à m’en servir à mon avantage. J’ai pratiqué tous les sports: j’ai joué au football et au baseball mais j’étais trop massif pour être bon. J’ai joué au football américain mais je n’aimais pas me faire frapper donc j’ai arrêté. Le basket est donc venu tout seul.»
Des repas adaptés. «Vivre en Europe, c’est différent que de vivre aux Etats-Unis. Il faut vous adapter au mode de vie local. Au supermarché, vous ne trouvez pas toujours le produit que vous cherchez. Il faut se faire traduire les choses pour être sûr de ne pas se tromper. A la maison, ma femme cuisine beaucoup. Je mange beaucoup de fruits, des légumes comme des haricots verts, du poulet, des pommes de terre… Depuis que je suis en France, j’ai été dans plusieurs restaurants. Jawad (Williams, son équipier au PL) m’a fait essayer les escargots mais je ne suis pas fan. J’ai eu des problèmes de poids, j’ai pesé jusqu’à 135 kilos. J’étais bien trop lourd. Ca a été la cause de certaines de mes blessures, je sais que je dois faire attention. Quand ton poids fluctue, tu es forcément plus exposé. Maintenant, j’ai atteint mon poids de forme.»
Une préparation mûrie avec l’âge. «Votre corps n’est que le résultat de votre mode de vie. Le repos, le massage, bien préparer ta nourriture, toujours surveiller ta nourriture. Au début de ta carrière, c’est plus simple. A 21, 22 ans, tu peux manger, faire et boire ce que tu veux, sortir… Quand vous vieillissez, vous voyez que toutes ces choses ont un effet sur votre corps. Avec l’âge, on devient beaucoup plus professionnel dans son approche du basket. Ce que vous voyez sur le parquet, ce n’est que la dernière étape d’une longue préparation. Nazr Mohammed, avec qui j’ai joué à Charlotte en NBA, m’a appris à être vraiment pro, à prendre bien soin de mon corps, à me concentrer sur la récupération… Il m’a beaucoup influencé.»
Eau glacée et étirements pour la récupération. «Après chaque match et chaque entraînement, je plonge mes jambes dans la glace. Je dois les refroidir pour soulager les muscles, je les mets donc dans de l’eau glacée, à sept degrés. Je fais beaucoup d’étirements. Mes mains, je ne fais rien de particulier pour les entretenir. Quand j’étais jeune, mon père (Scott May, ancien joueur de NBA et champion olympique en 1976) m’entraînait en me jetant la balle de basket dans le jardin. Je devais l’attraper et ne pas faire d’erreurs dans ma prise de balle. Durant toute ma carrière, j’ai continué à l’attraper de la même manière. Il m’a appris à être plus exigeant avec moi-même.»


















