Vendée Globe: L'iceberg, danger des mers du Sud

VOILE Les skippers vont devoir redoubler de vigilance...

Romain Baheux

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Les concurrents du Vendée Globe vont devoir se méfier des icebergs.
Les concurrents du Vendée Globe vont devoir se méfier des icebergs. — REUTERS/Greg Locke

Qu’est-ce qui émerge à quelques centimètres à la surface de l’eau et qui peut renvoyer un bateau au chantier naval en cas de contact un peu insistant? Depuis ce week-end et durant plus d’un mois, les skippers du Vendée Globe vont devoir se méfier des icebergs des mers du Sud du globe. «C’est le plus grand danger qu’un marin puisse rencontrer sur sa route, insiste Denis Horeau, directeur de la course. Quand il est lancé à 20 nœuds, aucun bateau ne peut résister à un choc frontal avec de la glace.»

Alain Gautier: «Il y a une part de fatalité»

Pas besoin de venir taper un iceberg de plusieurs dizaines de mètres de long pour amocher son navire. Lors de l’édition 2008, Jean-Pierre Dick avait dû abandonner après avoir tapé un growler, petit iceberg dont la hauteur au-dessus de l'eau ne dépasse pas le mètre. Sur le Vendée Globe, les logiciels de détection ne peuvent repérer des icebergs de moins de 70 mètres. «Les plus petits ne sont pas détectables au radar. Vu la température qu’il fait dans cette zone du globe, on ne peut pas être tout le temps sur le pont pour prévenir une éventuelle collision. Il y a forcément une part de fatalité, explique Alain Gautier, consultant sécurité sur la course. Sur le Vendée en 1991, j’en avais vus de très près…»

Pour éviter les dépressions des mers du Sud, la tentation est forte de descendre toujours plus bas, comme lors des premières éditions du Vendée Globe. Pour empêcher les concurrents d’aller slalomer entre les glaces, la direction de course impose le principe de portes, points de passage que les skippers doivent passer pour rester en course. En fin de semaine, elle a décidé de dérouter la course vers le nord, face à la forte présence d’icebergs près des Iles Kerguelen. «L’Océan Indien est assez chargé, explique Louis Mesnier, directeur de projet Vendée Globe chez CLS, l’entreprise en charge de la détection des icebergs. Les deux prochaines semaines vont être les plus risquées pour les skippers.» Qui vont devoir redoubler de vigilance pour ne pas jouer un remake de Titanic.