Affaire Armstrong: L'UCI a-t-elle pris toutes ses responsabilités?

CYCLISME La fédération internationale de cyclisme a sanctionné l'Américain, mais pas reconnu le camouflage du dopage...

Romain Scotto

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Le président de l'Union cycliste internationale Pat Mc Quaid, lors d'une conférence de presse à Lugano, en Suisse, le 25 septembre 2009.
Le président de l'Union cycliste internationale Pat Mc Quaid, lors d'une conférence de presse à Lugano, en Suisse, le 25 septembre 2009. — K.Mathis/Sipa

Sept victoires dans le Tour de France, cela pèse lourd dans une armoire à trophées. Celle de Lance Armstrong est donc un peu moins garnie depuis lundi midi et l’annonce de Pat Mc Quaid, patron de l’UCI, qui a officialisé la confiscation de ses victoires volées. A vrai dire, la fédération internationale n’avait pas le choix vu l’accumulation des preuves présentées dans le rapport de l’Usada. Elle aurait pourtant pu aller beaucoup plus loin dans le mea culpa, compte tenu de la collusion dénoncée par l’agence américaine anti-dopage entre Armstrong et l’instance internationale.

Pendant plus d’une heure de discours, Mc Quaid a soigneusement évité le sujet, se contentant d’affirmer que «l’UCI a une responsabilité par rapport à cette affaire, mais à l’époque elle n’avait pas d’éléments pour prendre ce genre de décisions.» Au final, le boss de l’UCI a exposé la solution la plus arrangeante, tout en détournant l’attention sur celui qui est devenu un «bad boy.» Pas question non plus pour Mc Quaid de démissionner, puisque la paternité du dossier est en partie assumée par son prédécesseur, Hein Verbruggen.

«L’influence d’Armstrong n’était pas assez forte»

Pour Pierre Ballester, auteur de deux enquêtes sur Armstrong (L.A. Confidentiel et L.A. Officiel), il n’est donc pas juste de parler de renouveau. «L’an zéro, le coup d’état, le putsch, c’est un écran de fumée, une parade de com’! Ceux qui ont camouflé depuis des années (le dopage) ne vont pas dire la vérité.» Ce qu’aurait aimé entendre Ballester, c’est un mea culpa général, une reconnaissance d’un camouflage des actes de dopage évoqués par les ex-coéquipiers d’Armstrong récemment.

A croire ceux qui ont parlé sous serment, il n’était pas bien compliqué pour l’Américain de déjouer certains contrôles. Selon Floyd Landis, l’un de ses anciens lieutenants, le Texan avait aussi signé une «donation» de 100.000 dollars pour étouffer un contrôle positif, en 2001. «Ce versement était destiné à doter l’UCI d’un appareil de traitement du sang», rétorque Mc Quaid. Pour lui, «l’influence d’Armstrong n’était pas assez forte» pour que l’UCI le protège. Il n’empêche. Elle a tout de même attendu qu'une agence nationale fasse tomber le Postier pour lui trouver quelques poux sous la casquette.