Passer au contenu principalPasser à l'en-têtePasser au pied de page
Cédric Carrasso «n’est pas triste» de ne plus être chez les Bleus…

Cédric Carrasso «n’est pas triste» de ne plus être chez les Bleus…

FOOTBALL – Le gardien bordelais revient pour 20 Minutes sur la perte de sa place de troisième gardien chez les Bleus. Un changement de statut qu’il explique avoir digéré…
Propos recueillis par Romain Baheux

Propos recueillis par Romain Baheux

Comment jugez-vous les prestations bordelaises depuis le début de la saison?
Dans l’ensemble, c’est très intéressant mais il y a toujours des choses à améliorer. C’est un très bon début de saison dans toutes les compétitions. On a pris le bon wagon en championnat, on a passé le barrage de Ligue Europa… Le point positif, c’est l’équipe en général. Le point à améliorer, c’est gérer les matchs d’après Coupe d’Europe.

C’est la fatigue qui vous handicape sur ces rencontres?
Quand on dit fatigue, ce n’est pas que la fatigue physique. C’est se préparer pour une heure de match dont on n’a plus l’habitude (14h), ce sont des petits repères que tu perds. Ca s’apprend, j’espère que ça viendra.

Comment vivez-vous la perte de votre statut de troisième gardien?
Il n’y a pas plus de souci que ça. Ca fait que j’étais sélectionné et que je n’avais pas manqué un match. Pour moi, ça a toujours été un bonus ou un plaisir dans un rôle particulier, celui de troisième gardien. J’ai vécu un Euro et une Coupe du monde, ce sont les deux plus belles compétitions, celles dont tu rêves quand tu es gamin. Je suis toujours allé chez les Bleus avec plaisir. Depuis le premier jour, je me suis dit: «sois toi-même et profite.» Aujourd’hui, ça s’arrête et je ne suis pas triste. Je le vis plus que bien. Je ne me suis pas pris la tête en me disant que si je n’y étais plus, c’est parce que j’étais moins performant avec mon club.

Avec le changement de sélectionneur, votre place était menacée…
Tu t’y prépares toujours plus. Didier Deschamps est arrivé, je sais très bien qu’il y a toujours des petits changements dans ces cas-là. Je ne suis pas rancunier, c’est le choix d’un sélectionneur, point barre. Je n’ai pas mon mot à dire. Tu ne peux pas être envieux quand il s'agit des Bleus.

En août, vous évoquiez un choix basé sur des critères autres que sportifs…
Je pense que le rôle du troisième gardien, ce n’est pas qu’un choix sportif, même quand j’y étais moi. Il y a tes performances mais aussi ton état d’esprit, la dynamique du groupe. Je pensais avoir été très clair quand j’ai expliqué ça. Je n’ai pas dit qu’untel ou untel était sélectionné pour je ne sais quelle raison. Je n’ai jamais parlé sur quelqu’un.

Certains de vos concurrents à ce poste l’ont fait…
Les gens qui veulent s’attaquer à moi dans la presse, c’est petit. Il n’y a rien à dire, les gens qui sont aujourd’hui en équipe de France sont de très bons gardiens. Si d’autres avaient été sélectionnés, j’aurais dit pareil. Je n’ai jamais attaqué personne ni parlé sur d’autres gardiens. De temps, je parle d’Hugo (Lloris) et de Steeve (Mandanda) parce que je les connais très bien, parce que j’ai vécu des choses avec eux pendant quatre ans.

Comment jugez-vous la situation d’Hugo Lloris, pas toujours titulaire avec Tottenham?
Je comprends que ça puisse être difficile. C’est un super gardien, quand je vois Tottenham qui le prend à plus de dix millions d’euros pour le mettre en concurrence… Soit leur recrutement est bizarre, soit il s’est passé quelque chose quelque part. C’est juste un passage difficile, ça va se décanter. On sait ce qu’il vaut, c’est une question de temps. Ou il va jouer, ou il va partir dans un autre club anglais cet hiver pour le faire.

Que retenez-vous de cette période?
On a vécu des choses ensembles, bonnes et pas bonnes. On était dans la même « couscoussière », donc ça rapproche. On s’est serrés les coudes. J’ai rencontré beaucoup de personnes que j’apprécie aussi.

Comment avez-vous vécu les critiques après la Coupe du monde 2010 et l’Euro 2012?
Ca m’a touché. On a fait d’une minorité une globalité. Il y a eu des raisons de se faire taper dessus, c’était valable mais ça a été trop parfois. Il y a tellement de concurrence dans les médias que chacun veut taper plus fort pour faire monter la sauce. Il y a eu de mauvaises choses, tout le monde l’a lu. Il y a aussi des mecs qui ont tout fait pour que ça se passe bien mais on ne le dit pas. On garde toujours le négatif, les médias français sont dans cet état d’esprit par rapport aux footballeurs.

Trouvez-vous que l’on vous oppose trop à d’autres sportifs, comme lors des JO?
Il ne faut pas jalouser les autres. Si demain, c’est le curling qui attire autant les sponsors et les droits TV, on critiquera de la même manière ces mecs qui font du balai sur de la glace avec un pavé. Le monde économique veut ça aujourd’hui. C’est plus sympa de voir le mec qui bosse dans une épicerie se retrouver devant des milliards de téléspectateurs aux JO du jour au lendemain. Je ne jalouserai jamais ces sportifs que l’on voit tous les quatre ans, je trouve ça beau. Que certains d’entre eux se permettent de critiquer le football, ça m’insupporte. On est tous des hommes. Je ne parle pas des sacrifices que j’ai faits pour en arriver là où je suis.