Affaire des paris truqués: Les frères Karabatic vivent «un vrai cauchemar»

HANDBALL Dans une interview à «Paris-Match»...

R.S.
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Nikola et Luka Karabatic lors du match PSG - Montpellier, le 30 septembre 2012.
Nikola et Luka Karabatic lors du match PSG - Montpellier, le 30 septembre 2012. — FRANCK FIFE / AFP

Mis à part un court message sur Facebook, Nikola Karabatic n’avait rien dit de l’affaire des paris truqués jusqu’à présent. Avec son frère Luka, lui aussi impliqué dans le scandale du match Cesson-Montpellier, la star de l’équipe de France et de Montpellier s’est livrée dans une interview à Paris-Match. Les deux joueurs sont présentés comme sonnés, en train de «vivre un vrai cauchemar» depuis leur interpellation devant les caméras à la sortie du match contre le PSG handball. «J’étais sous le choc, indique Nikola. Il y avait sur le trottoir des centaines de journalistes présents, des cameramen, des photographes, bien plus que pour notre retour des JO de Londres.»

«C’est comme si on allait au bûcher, ajoute Luka. Tous les regards étaient tournés vers nous, les Karabatic, comme si nous étions les hommes à abattre.» Au côté de leurs compagnes et de leur mère, Lala, les deux joueurs ont donc trouvé refuge dans la maison familiale de Castelnau-le-Lez, près de Montpellier. Sous le coup d’une interdiction d’exercer leur métier depuis plusieurs jours, ils tentent d’oublier le tumulte des jours précédents, notamment leur garde à vue.

Un voyou, un mafieux

«Les policiers me disaient que mes avocats voulaient se faire une réputation sur mon dos, qu’ils me faisaient faire n’importe quoi en m’ordonnant de me taire, que j’allais tout perdre, que j’irais en prison, que les autres avaient déjà tout balancé… Ils m’ont comparé à un voyou, à un mafieux», raconte Luka tout en avouant avoir parié. «J’assume tout ce que j’ai fait. Et je suis prêt à payer pour ce que j’ai commis. Mais ce qui me fait le plus mal, c’est qu’on m’accuse d’avoir triché. C’est injuste! Et ça me révolte! C’est une connerie. Mais je ne mérite pas d’arrêter ma carrière, de ne plus pratiquer mon sport. J’aimerais retrouver le terrain le plus vite possible, pour garder la tête haute.»