Pourquoi Thomas Voeckler peut devenir champion du monde

CYCLISME Le Français dispose de quelques arguments pour rêver devenir champion du monde, dimanche à Valkenburg...

Alexandre Pedro

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Thomas Voeckler et Laurent Jalabert (au second plan), après un entraînement à Valkenburg (Pays-Bas) le 18 septembre 2012.
Thomas Voeckler et Laurent Jalabert (au second plan), après un entraînement à Valkenburg (Pays-Bas) le 18 septembre 2012. — F.Fife / AFP

Depuis Laurent Brochard en 1997 et son bandana, le cyclisme français attend sans trop y croire son champion du monde. Quinze ans après la victoire surprise de «la Broche», Thomas Voeckler, 33 ans, présente quelques garanties pour décrocher le maillot arc-en-ciel. Verdict dimanche à Valkenburg aux Pays-Bas. 

Laurent Jalabert a mis une équipe à son service

«Un choix couillu». Dans un entretien à l’Equipe mercredi, Laurent Jalabert assume sa stratégie de bâtir son équipe pour et autour de Voeckler. Huit équipiers et un leader, le sélectionneur ne veut voire qu’une tête qui dépasse. «Vous savez, j'aurais pu consulter les directeurs sportifs, bâtir une équipe de France-récompense, ne faire que des satisfaits, j'ai préféré faire ma sauce, avec des néophytes, fiers, motivés, autour de celui qui pourra porter le plus haut les couleurs de la France.» Voeckler a même obtenu la présence de son «domestique» préféré chez Europcar, Vincent Jérôme. Même Sylvain Chavanel est sommé de jouer les équipiers modèles. «Je ne dirai pas qu'il n'est pas subtil, mais il sent moins la course que Voeckler», tance Jalabert.

Un parcours taillé pour lui

Après deux éditions offertes aux sprinters (Hushovd en 2010 et Cavandish l’an dernier), le circuit de Valkenburg  est taillé pour les puncheurs à la Valverde, Rodriguez, Gilbert ou le tout-terrain Peter Sagan. Voeckler appartient plutôt au second peloton des favoris. Mais le Français sait gagner sans être le plus fort. Il a encore bien failli le prouver le 15 avril dernier avec sa 5e place à l’Amstel Gold Race, dont la course de dimanche est un quasi copier-coller. Et avec les oreillettes débranchées, son opportunisme pourrait bien faire merveille.

Il cache son jeu

Malgré son statut privilégié, le Vendéen se garde bien d’afficher trop haut ses ambitions. «Je ne me vois pas champion du monde», jure-t-il la main sur le cœur.  On commence à le savoir, il faut encore moins croire ses propos défaitistes que les grimaces qu’il affiche au moindre faux-plat. Le cachotier a d’ailleurs mis tous les atouts de son côté en renonçant aux lucratifs critériums d’après Tour de France et en «étant beaucoup plus sérieux durant le mois d’août que par le passé». Laurent Jalabert compte bien sur la faculté de son leader à ne pas être toujours pris au sérieux «Les étrangers ne l'aiment pas, ils me le disent. En même temps, bien que le connaissant, ils se font avoir.» Et parfois même en beauté.

Pour les nostalgiques, le sprint de Laurent Brochard dans les rues de Saint-Sébastian