Vuelta: David Moncoutié s'est définitivement relevé

CYCLISME Le grimpeur français quitte le peloton professionnel après seize ans de carrière...

R.S.

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Le coureur français David Moncoutié, lors de sa victoire sur la 11e étape de la Vuelta, le 31 août 2011.
Le coureur français David Moncoutié, lors de sa victoire sur la 11e étape de la Vuelta, le 31 août 2011. — L.Villar/Sipa

Il y a désormais une place à prendre en fin toute de peloton, à la limite de la cassure quand les coureurs avancent en file indienne. C’est là que David Moncoutié se sentait le mieux pour avaler les kilomètres, très loin de la zone nébuleuse où on joue des coudes pour rester en tête. «Franchement, c’est le seul qui avait cette façon de courir en étant dernier, mais vraiment dernier du peloton et qui arrivait quand même à gagner. C’est assez incroyable», note Stéphane Augé, directeur sportif chez Cofidis et qui le côtoie depuis 2005.

Après seize ans de carrière au sein de la même formation, le Lotois laisse donc un vide. Dimanche soir sur la Vuelta, c’est autour d’un apéro tapas que l’équipe a rendu hommage à ce coureur au profil unique, le seul capable d’habiter en plein Paris, à Bastille, pour une histoire d’amour. David Moncoutié, c’est  aussi l’image d’un coureur propre passé à côté de quelques victoires à ses débuts, au plus fort des années EPO. «Avec tous les aveux récents de dopage, on peut dire qu’il aurait sûrement eu un autre palmarès si tout le monde avait joué le jeu comme lui», poursuit Augé.

Le Monsieur météo du peloton

Le Français s’en va tout de même à 37 ans avec deux étapes du Tour de France et quatre maillots à pois de rang de la Vuelta (un record), sa course fétiche. Pour Guillaume Blot, un ancien de Cofidis, le cyclisme français perd un «génie du vélo avec de l’or dans les jambes», qui a eu toutes les peines du monde à s’adapter aux exigences du monde pro. «A ses débuts, on m’a raconté qu’il ne savait pas enfiler un K-Way en course. C’est Rominger qui devait aller lui chercher!»

Moncoutié, c’est aussi «un coureur détaché du système qui ne vivait pas le vélo à 100%», raconte Amaël Moinard, un autre ancien coéquipier. Dans le peloton, on lui connaît aussi une grande passion: la météo. Inutile de sortir quand ce Laurent Romejko à jambes douces annonçait une averse imprévue. «Il passait son temps sur les radars pour analyser les conditions», raconte Augé, déjà nostalgique des chevauchées de ce «cyclotouriste» devenu malgré lui coureur professionnel.