J’ai envie d’entreprendre, est-ce pour moi ?
ENTREPREUNARIAT•Près de 7 jeunes sur 10 veulent entreprendre*. Pourtant, ils sont nombreux à ne pas oser le faire. Manque de moyens, de compétences, de confiance en soi… on fait le point sur les freins principaux et comment les contourner.
Trouver sa place, lancer une activité liée à sa passion, répondre à un besoin… les raisons pour s’aventurer dans l’entrepreneuriat sont nombreuses. S’il n’y a pas une bonne façon de le faire, il existe en revanche une multitude de solutions à toutes les barrières que nous nous mettons.
● “Je n’ai pas 10 000 euros de côté”
Le manque d’argent est le frein le plus souvent évoqué dans le fait de ne pas oser entreprendre. La croyance populaire veut qu’il faille attendre d’avoir un gros apport pour investir dans son projet ou pour se lancer en sécurité.
Si mettre de l’argent de côté dans ce but reste indéniablement une bonne option, ce n’est pas une condition indispensable, comme le prouve Ahmed, 23 ans.
« Les banques me demandaient un apport de 15 000 euros, que je n’avais pas. L’association Adie a été un vrai déclencheur dans l’envie d’ouvrir mon restaurant. Ils m’ont dit “Tu as un projet intéressant, on croit en toi, on te suit.” »
L’Adie vise, en effet, à aider les porteurs de projet, qu’importe leur âge, leur diplôme ou leurs conditions de ressources. Ils peuvent notamment financer certains projets par le biais de microcrédits (jusqu’à 12 000 euros en Métropole et 15 000 euros en outremer).
● “Je suis trop jeune”, “pas assez organisé”, “nul en compta”
Une fois la question financière évacuée, les freins les plus fréquents à l’entrepreneuriat peuvent être ceux qu’on se crée : peur de mal faire, sensation d’être “trop” ou pas “assez”. Le manque de confiance en soi est d’ailleurs l’un des facteurs cité par 30% des jeunes entrepreneurs ou aspirants à la création d’entreprise.
Concernant la jeunesse, il s’agit plutôt d’une question de prisme. Par exemple, les 18-24 sont les plus tentés par la création d’entreprise, mais les 25-29 sont plus nombreux à envisager de se lancer à court terme que les moins de 25 ans. Globalement, les moins de 30 ans considèrent tout de même que le meilleur moment pour entreprendre, c’est avant 30 ans.
« Il n’y a pas d’âge pour oser créer son entreprise, mais il faut tout de même veiller à avoir une certaine maturité professionnelle”, pour Arsim, 26 ans, qui a lancé sa boutique de réparation de téléphones. »
Concernant la complexité administrative ou la peur de ne pas être assez organisé, ressentie par certains, il est possible de contourner ces freins par le biais d’une formation ou d’un accompagnement personnalisé réalisé par des organismes spécialisés dans l’entrepreneuriat, tels que l’Adie. Sur leur site (adie.org), il est aussi possible de participer gratuitement à des ateliers à la carte (comptabilité, organisation administrative, etc).
● “Je n’ose pas me lancer à 100%”
“Et si ça ne fonctionne pas ?”, “Et si je fais des erreurs ?”. Pour s’aventurer dans l’entrepreneuriat, il n’existe (malheureusement) pas de recette magique. En revanche, il y a une multitude de possibilités pour y faire face en assurant ses arrières. Il s’agit de trouver la formule qui nous convient le plus.
Pour exemple, parmi les jeunes entrepreneurs de moins de 30 ans, 76% d’entre eux ont une autre activité en plus de leur entreprise*. Un moyen pour eux de s’assurer une forme de stabilité (financière, d’emploi) tout en se développant progressivement leur projet. Pour 43% d’entre eux, leur entreprise se situe au second plan professionnel, pour 33% elle est leur activité principale*.
Soyez à l’écoute de vos envies et de ce qui est possible ou pas pour vous. Avez-vous besoin d’un cadre ? Est-ce qu’une première expérience professionnelle pourrait vous apporter un modèle, de la structure ou encore des idées pour nourrir votre projet par la suite ?
Si la réponse est oui, ce modèle hybride peut constituer un premier pas intéressant vers l’entrepreneuriat. De la même manière, il n’y a pas de parcours idéal du “bon entrepreneur”. Ainsi, ils sont 3 sur 10 chez les moins de 30 ans à ne pas être passés du tout par la case salariat et pourtant, ça fonctionne.
*D’après une étude menée par Appinio pour l’Adie, datant d’avril 2023, auprès d’un échantillon représentatif de 1500 jeunes Français, de 18 à 30 ans.



















