Entreprendre quand on est fauché : tout savoir sur les aides financières pour la création d'entreprise
Economie•Permettre à toutes et à tous d’entreprendre, sans restriction. C’est la mission des nombreuses aides à la création et à la reprise d’entreprise. Reste à trouver les plus adaptées à son projet et à son profil
Un euro. Depuis la loi Dutreil de 2003, il est possible de créer une société en France avec seulement un euro symbolique de capital social. Dans le même temps, le statut de micro-entreprise permet à chacune et à chacun de se lancer en tant qu’indépendant sans fonds propres et avec des formalités réduites. Pourtant, en pratique, même si les frais de création d’une entreprise sont quasi-nuls, la question des finances fait rapidement partie des sujets prioritaires pour un nouveau créateur. “Je pense que l'argent n'est plus un frein pour se lancer aujourd’hui, explique Delphine Lefetz, Consultante pour Bpifrance. En revanche, le financement reste un défi important pour se développer, financer l’achat de matériels ou de stock et tout simplement s’assurer de capitaux nécessaires garantissant la pérennité de son projet.” Autrement dit : il semblerait donc déraisonnable de se lancer aujourd’hui sans aucune visibilité financière. Pour assurer ses arrières, le créateur ou repreneur d’entreprises peut solliciter des aides ou des financements de différentes formes : subventions, prêts, avances remboursables, garantie d'emprunts, bourses, exonération de cotisations sociales, incubations… De nature publiques (État et régions) ou privées (fondations, concours…), elles dépendent du profil de l’entrepreneur, de la nature de l’activité lancée ou de son implantation géographique.
Des aides pour soutenir les créateurs
Une première catégorie d’aides vise à réduire le chômage et promouvoir l'intégration professionnelle des créateurs et repreneurs d’entreprises (jeunes, chômeurs…). Parmi les plus courantes, on citera notamment l’Acre qui permet au nouveau chef d'entreprise de bénéficier d'une exonération de charges sociales en début d’activité. À ne pas confondre avec l’Arce qui est une aide financière versée par Pôle emploi qui équivaut à 60 % du montant restant des droits à l'assurance chômage. De quoi tenir le choc durant les premiers mois d'activité. “Aucun profil d’entrepreneur ne se ressemble. Certains ont un peu d’argent de côté ou bénéficient des allocations chômage, d’autres sortent des études, sont encore salariés, ou encore dans des situations particulières par exemple, exclues du système bancaire. La question des ressources personnelles ne doit pas être négligée au moment de se lancer. Les aides financières servent aussi à offrir une certaine sérénité au créateur ou au repreneur lors de ses premiers pas.” Dans cette même “famille” d’aides tournées vers les créateurs, on trouve aussi le Prêt d'honneur solidaire (accordé à taux zéro pour les créateurs ou repreneurs accompagnés et remplissant certaines conditions), les garanties bancaires de France Active (garantie Egalité femmes, garantie Emploi, Solidarité Insertion, etc.) ou encore les aides de l’Agefiph (destinées aux personnes en situation de handicap).
Des solutions locales et sectorielles
Une seconde famille d’aide regroupe les soutiens financiers, les incitations fiscales, les allégements sociaux qui sont réservés aux entrepreneurs décidant d’implanter leur activité dans certains territoires. C’est le cas, par exemple, des quartiers prioritaires de la politique de la ville (QPV), des zones franches urbaines-territoire entrepreneur (ZFU-TE), ou des zones de revitalisation rurale (ZRR). Sans oublier les territoires d’Outre-mer qui offrent également des conditions favorables aux entrepreneurs. À l’image de l'Aide au projet initiative jeune (PIJ). D'un montant maximum de 9378 euros, l’aide concerne les jeunes créateurs ou repreneurs d'entreprises implantés en Guadeloupe, en Guyane, à La Réunion, en Martinique, à Mayotte, à Saint Barthélemy, à Saint-Martin et à Saint-Pierre-et-Miquelon. Plus généralement, les 18 régions françaises - qui sont compétentes en matière d’aide à la création d'activités économiques - proposent toutes des solutions de financement à l’entrepreneuriat qu’elles adaptent souvent aux spécificités du tissu économique local. Sachez enfin que parfois, les conditions d’accès aux aides financières ne sont pas géographiques, mais plutôt liées au secteur dans lequel l’entreprise est créée. Des dispositifs nationaux visent ainsi à encourager l’entrepreneuriat dans certaines activités spécifiques comme l’agriculture, la presse, le tourisme, la culture ou l’économie sociale et solidaire.
Mieux vaut être bien accompagné
Avouons-le, la variété et le nombre d’aides disponibles peuvent parfois déconcerter les nouveaux entrepreneurs. Heureusement, plusieurs sources fiables permettent de trouver en ligne des informations sur les différents dispositifs. Qu’il s’agisse de la section dédiée à ce sujet sur le site Bpifrance-création.fr, la base de données de référence sur les aides aux entreprises (ouverte à tous et pilotée par CMA France), ou encore notre précédent article dédié au financement de projets innovants. Pour aller plus loin, il est également recommandé de se rapprocher des réseaux d'accompagnement spécialisés qui savent non seulement aiguiller chaque créateur vers les aides adaptées à son projet, mais aussi les conseiller sur beaucoup d’autres sujets. “Il existe plusieurs milliers d'aides publiques disponibles. La recherche de financement prend du temps et de l’énergie. Il ne faut pas hésiter à se rapprocher des réseaux nationaux et locaux d’accompagnement. Ils sont à la disposition des entrepreneurs pour les accueillir, les informer et dénicher les aides qui leur correspondent et auxquelles ils sont éligibles” conclut Delphine Lefetz. En matière d’entrepreneuriat comme de financement, l’humain porte conseil.



















