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Il faut que jeunesse se passe (mieux)
Action•Prendre le parti des jeunes et porter leur voix, c’est ce que nous propose Apprentis d’Auteuil à l’approche de la présidentielle
Donner la parole à celles et ceux qu’on n’écoute jamais. Relayer leur cri d’alerte. Rappeler que tous ont un rôle à jouer. C’est l’objectif de la Fondation Apprentis d’Auteuil qui, grâce à une grande concertation, lancée au printemps 2021, a recueilli le témoignage de 5000 jeunes.
Prendre le parti des jeunes
Sur la base de cette consultation et de son expérience du terrain, la Fondation Apprentis d’Auteuil qui accompagne chaque année 36 000 jeunes et familles en difficulté, révèle aujourd’hui 24 propositions pour la jeunesse – à retrouver sur prendrelepartidesjeunes.fr. Des propositions dont les présidentiables et les futurs députés sont invités à se saisir. « Nous sommes convaincus que les jeunes sont les mieux placés pour être au centre des décisions qui les concernent », explique Emilie Casin-Larretche, directrice du plaidoyer et des relations extérieures.
Le péril jeune
Est-ce qu’il y a urgence à s’emparer de la question de la jeunesse ? Oui, et c’est peu dire. 3 millions d’enfants pauvres en France. 160 000 jeunes victimes de violences sexuelles chaque année. 95 000 élèves qui sortent du système scolaire sans diplôme. De quoi tirer la sonnette d’alarme. « Derrière ces chiffres, il y a des histoires individuelles, des familles qui survivent avec le système D, des enfants en échec scolaire, qui sont stigmatisés et souvent discriminés », relève Emilie Casin-Larretche.
En première ligne face à la pauvreté
Alors que racontent ces jeunes ? D’abord, la précarité qui s’est enracinée avec la crise sanitaire. Pour Emilie Casin-Larretche, les mesures prises par l’État doivent être plus profondes et radicales pour s'attaquer aux causes mêmes de la pauvreté, notamment en matière d'accès au logement, à l'emploi ou encore à la santé.
La violence omniprésente
Autre leçon à tirer : l’ampleur des violences auxquelles font face les jeunes dans tous leurs lieux de vie -à l’école, au sein des familles, sur les réseaux sociaux... Pour la directrice du plaidoyer : « Il faut regarder les sujets en face et mettre en place des réponses à la hauteur des enjeux pour protéger les plus vulnérables. »
Agir pour les jeunes
S’informer pour changer son regard sur ces jeunes. Devenir bénévole. Signer une pétition. Peser sur le débat présidentiel. Chacun peut agir à son niveau – en allant voter - pour aider celles et ceux qui se projettent difficilement vers l’avenir. La parole est ouverte. Espérons que les politiques l’entendent.
Paroles de Jeunes
Pour Emma, Michel, Marwan, Divine et Dedho, la vie n’a pas été un long fleuve tranquille. A l’aune des difficultés auxquelles ils font face, ils suggèrent aux présidentiables des principes d’action en faveur de la jeunesse.
Emma, 19 ans, étudiante en lettres modernes
Emma subit des violences dans son cercle familial avant d’être placée à 17 ans. Pour être reconnue comme victime, elle fait face à un vrai parcours du combattant. Accueillie dans une maison d’enfants gérée par Apprentis d’Auteuil, elle reprend pied. Quand on demande à Emma ce qu’elle attend du futur président, elle répond : « La parole des victimes se libère. Maintenant il faut agir pour les aider, entendre leur souffrance et les accompagner vers des solutions adaptées. »
Michel, 16 ans, en 2e année de CAP
Les ennuis commencent en sixième. Michel ressent que les professeurs le considèrent comme un mauvais élève, sans intérêt. Une étiquette dont il n’arrive plus à se défaire. L’angoisse de l’école gagne du terrain et ses difficultés scolaires ne font qu’empirer. Une éducatrice l’oriente vers un établissement Apprentis d’Auteuil. A force d’encouragements, Michel reprend confiance. Selon Michel, le futur Président devra en priorité rendre l’école plus humaine : « Pour éviter le décrochage scolaire, il faut favoriser l’écoute ». Un préalable pour aider les élèves à trouver leur voie.
Marwan, 18 ans, en réorientation
A la fin de la troisième, ses professeurs l’orientent vers une filière pour laquelle il n’a aucune affinité. Il demande à en changer. En vain. Dans l’impasse, il décroche. Il tente alors de trouver des petits boulots, en attendant de se réorienter l’année suivante. Car, désormais, il le sait : il veut travailler en concession automobile. Une formation pratique de vendeur-conseiller organisée par Apprentis d’Auteuil le conforte dans cette voie. Cette année, il votera pour la première fois. « Je voudrais un président qui donne à tous une chance de réussir. Il est urgent de mieux informer et accompagner les jeunes dans leur orientation. »
Divine, en terminale
Mineurs et isolés à leur arrivée en France, Divine et ses frères doivent grandir vite et faire des choix cruciaux qui engagent leur avenir. Divine opte pour des études courtes afin de pouvoir travailler dès que possible. « Mes éducateurs et professeurs ont été de bons conseils. Ils m’ont épaulée et encouragée. » Aujourd’hui, elle est en terminale gestion et administration, un cursus qu’elle suit en alternance. « Les jeunes ne doivent pas subir des destins tout tracés. À eux d’être acteurs, de prendre des responsabilités et de s’engager pour un monde plus solidaire, fait de respect des différences et de vivre-ensemble. »
Dedho, 27 ans, rappeur
Enfant, son père violent quitte le foyer, laissant sa mère l’élever seule. Dedho enchaîne les bêtises, abandonne l’école et se retrouve à la rue à l’âge de 19 ans. « Je me sentais constamment regardé comme un indésirable. » Puis, il remonte la pente, obtient un logement grâce à Apprentis d’Auteuil, et trouve un emploi. Ce qui l’anime ? Sa passion, le rap. « J’arrive enfin à me projeter. Il y a des barrières infranchissables pour les jeunes en difficulté qui n’osent pas demander de l’aide. L’État doit faire un pas en direction de la jeunesse, en prendre soin et faire respecter ses droits, car elle va bâtir le monde de demain. »


















