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Salarier des médecins généralistes, la solution contre la pénurie ?

Pénurie des médecins en province : salarier les généralistes est-elle la solution ?

SantéPour répondre à la pénurie de médecins qui touche le département depuis plusieurs années, l’Orne va lancer dès 2020 son premier centre départemental de santé.
Conseil départemental de l'Orne
Marie Hazet - 20 Minutes Production
Marie Hazet - 20 Minutes Production

Depuis plusieurs années la pénurie de médecins touche de nombreux départements français, et principalement les zones rurales. Il faut dire que les codes ont changé entre les médecins d’antan et ceux d’aujourd’hui. Les aspirations aussi. Le résultat ? De moins en moins de médecins formés, et un modèle libéral qui ne séduit plus la nouvelle génération de praticiens. Partant de ce constat, le département de l’Orne a décidé de lancer son projet de centre départemental de santé – juste après la Saône-et-Loire. Le principe ? Salarier les généralistes afin de garantir l’accès aux soins à la population ornaise.

Un centre départemental de santé accessible à tous

Le centre départemental de santé de l’Orne sera décliné en centres territoriaux implantés sur l’ensemble du territoire ornais. Ces grandes maisons médicales, composées de médecins salariés, seront ouvertes tous les jours du lundi au vendredi de 8 h à 20 h, ainsi que le samedi de 9 h à 12 h. Adossées à ces centres territoriaux, des antennes médicales, c’est-à-dire des petits cabinets médicaux implantés à moins de 30 minutes de chaque centre territorial, vont venir mailler le territoire rural à raison de 20 heures d’ouverture par semaine. De quoi répondre aux besoins de proximité et de lien, importants dans un département rural à la population vieillissante et aux difficultés possibles de déplacement.

Le plus ? Le dossier médical partagé permettra aux patients de se faire soigner dans n’importe quel centre ou antenne du département, et par n’importe quel médecin. Comme l’explique Arnaud Rousseau, chargé de mission pour le Conseil Départemental de l’Orne, « Les patients n’auront plus un médecin traitant, mais un « centre traitant ». Ils pourront ainsi obtenir un rendez-vous rapidement avec le premier généraliste disponible, tout en gardant la possibilité de prendre rendez-vous avec le médecin de leur choix s’il n’y a pas de caractère d’urgence. »

Un salariat qui attire par sa simplicité et sa liberté

En proposant aux généralistes de se salarier, ces centres départementaux de santé réinventent l’exercice en cabinet. « Les médecins sont libérés du côté administratif de leur métier. Ils n’ont ni à gérer les prises de rendez-vous, ni les logiciels, ni même la location des locaux. Ils ne sont là que pour exercer leur art, au rythme qui leur convient. », affirme Arnaud Rousseau. Face à une nouvelle génération de praticiens qui aspire à plus de liberté et une meilleure qualité de vie, la souplesse des contrats à durée déterminée (renouvelables) devrait séduire plusieurs types de profil : les internes, habitués aux remplacements et n’osant pas se lancer en libéral, les jeunes femmes (qui représentent aujourd’hui entre 60 et 70 % des médecins diplômés), ainsi que les médecins retraités ou en fin de carrière à qui cela permettrait d’exercer de temps à autre, selon leurs disponibilités.

Deux premiers centres territoriaux de santé devraient ouvrir d’ici mars 2020, dont un au Mêle-sur-Sarthe, première commune de la Vallée de la Haute Sarthe à inaugurer ce nouveau dispositif avec un centre médical et ses six antennes.

Ce contenu a été réalisé par 20 Minutes Production, l'agence contenu de 20 Minutes, pour le conseil départemental de l'Orne