Pour faire avancer la Science, il s’enferme dans une pièce infestée de moustiques « affamés »
ça pique•Pour mieux comprendre comment les moustiques localisent leurs cibles humaines, des chercheurs ont mené une expérience en exposant un étudiant à des insectes affamés20 Minutes avec agence
Comprendre comment les moustiques repèrent et attaquent les humains représente un enjeu majeur de santé publique. Pour y parvenir, une équipe de chercheurs a mené une expérience impliquant un étudiant, volontaire, exposé à des insectes affamés.
Le docteur David Hu, professeur de génie mécanique et de biologie au Georgia Institute of Technology, relate ainsi dans The Conversation qu’un étudiant, Chris Zuo, s’est enfermé plusieurs minutes dans une pièce contenant une centaine de moustiques. Protégé par une combinaison en mesh censée empêcher les piqûres, il en est ressorti couvert de marques. Cette expérience a constitué le début d’une étude de trois ans sur le comportement de ces insectes.
Une méthode encadrée
Le protocole a été strictement encadré. L’objectif était de mieux comprendre un insecte considéré comme le plus dangereux au monde, responsable de plus de 700.000 décès annuels via des maladies comme le paludisme ou la dengue.
Car malgré leur petite taille, une vision floue et une faible résistance au vent, les moustiques parviennent à localiser efficacement les humains. Ils s’appuient principalement sur des signaux comme le dioxyde de carbone, la chaleur et les odeurs corporelles.
Une technique redoutable pour trouver leur cible
L’équipe a utilisé une caméra capable de suivre des centaines d’insectes en vol. En quelques heures, des millions de données ont été collectées, permettant de modéliser leurs trajectoires.
Les résultats montrent que les moustiques adoptent des comportements différents selon les stimuli. Ils survolent les cibles visuelles, ralentissent en présence de dioxyde de carbone, et décrivent des trajectoires circulaires rapides lorsque plusieurs signaux sont combinés.
Vers de nouvelles stratégies préventives
Le modèle développé a finalement été testé sur un humain réel, avec succès. Il a permis d’identifier les zones du corps les plus exposées aux moustiques et de prédire leurs déplacements.
Pour David Hu, cette capacité de prédiction pourrait améliorer la conception de pièges ou de dispositifs de protection, et contribuer à limiter la propagation de maladies transmises par ces insectes.



















