Passer au contenu principalPasser à l'en-têtePasser au pied de page
Et si le corps produisait lui-même l’hormone GLP-1 de l’Ozempic ?

Ozempic, Mounjaro, Wegovy… Et si le corps produisait lui-même l’hormone GLP-1 ?

OBESITEPlusieurs start-ups américaines planchent sur des traitements qui visent à transformer les cellules pour leur permettre de créer leur propre GLP-1, l’hormone coupe-faim qui fait fureur dans de nombreux pays
20 Minutes avec agence

20 Minutes avec agence

L’Ozempic fait fureur aux États-Unis, notamment auprès de personnalités comme Elon Musk, Oprah Winfrey ou Whoopi Goldberg. Ce traitement à base de GLP-1, une hormone régulant la glycémie et agissant comme coupe-faim, a été détourné de son usage habituel par les personnes diabétiques pour devenir un médicament anti-obésité. En conséquence, leur prescription a doublé en un an dans le pays. Plusieurs start-ups américaines cherchent à aller plus loin, rapporte CNN.

Fréquence et prix

Les traitements à base de GLP-1, parmi lesquels figurent l’Ozempic, le Wegovy, le Mounjaro ou encore le Zepbound, présentent certains défauts. Parmi leurs points faibles figure l’obligation d’une injection hebdomadaire pour fonctionner. En résulte un coût important pouvant dépasser les 1.000 dollars par mois, explique Libération, ce qui limite leur accès malgré un engouement très important aux Etats-Unis. Le pays comptait déjà plus de 200 millions d’individus obèses ou en surpoids en 2021, rapporte The Lancet.

Pour résoudre ce problème, deux laboratoires américains développent des solutions destinées à reprogrammer les cellules pour leur permettre de produire leur propre GLP-1 après une unique injection. D’un côté, Fractyl propose une thérapie génique qui passe par un virus qui transforme les cellules du pancréas. De l’autre, RenBio travaille sur une approche passant par une solution saline conçue elle aussi pour apprendre à l’organisme à produire la fameuse hormone.

Les travaux sont en cours

Dans les deux cas, les premiers résultats sur des souris de laboratoire semblent prometteurs. Le traitement de Fractyl fait état d’une perte de poids d’environ 20 % en seulement trois semaines, avec un taux de glycémie stable. Celui de RenBio, lui, a permis à des rongeurs de perdre jusqu’à 15 % de leur masse graisseuse et de se maintenir dans cet état pendant au moins un an. Les expérimentations se poursuivent désormais sur des porcs et des singes.

Reste que les risques de ces thérapies géniques sont réels. Elles induisent des changements irréversibles dans l’organisme susceptibles, à long terme, de causer des problèmes et des pathologies allant jusqu’au cancer. Toutefois, les GLP-1 amélioreraient par ailleurs la santé rénale et cardiovasculaire. Dans tous les cas, ces nouveaux traitements devraient mettre encore beaucoup de temps à voir le jour. Pour Harith Rajagopalan, cofondateur et PDG de Fractyl, arriver jusqu’à l’étape de la mise à disposition pour les patients revient à « coloniser Mars, en matière d'ampleur des efforts nécessaires ».