Astronomie : Comment observer les deux comètes « Swan » et « Lemmon », visibles dans le ciel fin octobre ?
ciel d’automne•Le mardi 21 octobre, les deux comètes Swan et Lemmon devraient être visibles depuis la France, à condition de s’éloigner de la lumière et de savoir où chercherManon Minaca
L'essentiel
- Deux comètes, C/2025 A6 (Lemmon) et C/2025 R2 (Swan), seront visibles fin octobre dans l’hémisphère nord, avec des conditions d’observation optimales le mardi 21 octobre.
- L’observation des comètes, qui se situeront dans les constellations du Bouvier et de l’Aigle, nécessitera de s’éloigner de toute pollution lumineuse et d’utiliser des jumelles.
- Ce spectacle coïncidera avec le pic des Orionides le même jour, qui offrira un balai d’étoiles filantes.
Le ciel n’aura décidément pas déçu en 2025. Après la comète C/2024 G3 (Atlas), visible en janvier depuis l’hémisphère sud, deux autres objets célestes devraient venir illuminer fin octobre le ciel des habitants de l’hémisphère nord : les comètes C/2025 A6 (Lemmon) et C/2025 R2 (Swan).
Cette dernière fait beaucoup parler d’elle depuis sa découverte récente, le 11 septembre. C’est l’astronome ukrainien Vladimir Bezugly qui l’a repérée sur les images prises par l’instrument Swan de l’observatoire Soho, en orbite autour du Soleil. Une surprise qui « n’a rien d’extraordinaire », commente l’astronome Olivier Las Vergnas, président de l’Association française d’astronomie (Afa), qui rappelle qu'« on en découvre plein de cette manière ».
Une visibilité difficile à prédire
Pour le moment, seuls les observateurs de l’hémisphère sud peuvent profiter du spectacle de C/2025 R2 (Swan), communément appelée Swan. Elle devrait cependant gagner en luminosité au cours du mois d’octobre pour être visible dans l’hémisphère nord autour du 20 octobre, lorsqu’elle passera au plus près de la Terre.
Mais il est impossible de dire avec certitude à quel point elle sera perceptible dans le ciel, tout comme sa comparse C/2025 A6 (Lemmon), découverte début janvier. La visibilité des comètes, qui sont des mélanges de roches et de glace qui tournent autour du Soleil selon des orbites en biais et excentrées, dépend de trois facteurs, explique Olivier Las Vergnas : « Est-ce qu’elles passent près de la Terre ? Est-ce qu’elles sont en même temps près du Soleil ? Et est-ce qu’il restera suffisamment de matière pour les voir à ce moment-là ? »
Cette dernière question est liée au phénomène du dégazage des comètes, qui « fondent » en s’approchant du Soleil. C’est ce qui les rend brillantes. Mais si elles dégazent trop, il ne reste plus rien à observer lorsqu’elle arrivera près de nous. La visibilité de l’objet dépend donc d’un savant équilibre entre les deux, rendant les prévisions extrêmement difficiles.
Jumelles et obscurité nécessaires
Swan et Lemmon passeront donc au plus près de la Terre fin octobre, à une distance les rendant visibles depuis notre planète. Si la date idéale est le 21 octobre, l’observation des deux comètes est en réalité possible toute la semaine, du 18 au 25 octobre. Pour espérer les voir, il faudra impérativement s’éloigner de toute lumière : « Il ne faut pas s’imaginer qu’on les verra en passant la tête à son balcon en ville, comme ça a été le cas avec d’autres comètes », prévient l’astronome de l’Afa. Les réserves de ciel étoilé, au nombre de sept en France, sont le lieu idéal pour profiter du spectacle.
Le 21 octobre, les conditions d’observation – si le ciel est dégagé – seront optimales, avec notamment un ciel sans Lune. Les deux comètes devraient être visibles aux jumelles et peut-être à l’œil nu ; elles apparaîtront comme des petites taches cotonneuses allongées parmi les étoiles. Vers 20 heures, Lemmon devrait se trouver à l’ouest, vers la constellation du Bouvier, et Swan au sud-ouest, dans la constellation de l’Aigle. Pour les trouver dans le ciel, Olivier Las Vergnas conseille de consulter une carte du ciel, que l’on peut trouver dans les revues spécialisées ou sur des applications mobiles dédiées comme Stellarium ou The Sky Live.
Des étoiles filantes en bonus
La présence simultanée des deux comètes dans notre ciel est une pure coïncidence qui s’ajoute à une autre qui renforcera le spectacle : le pic des Orionides, le même jour, qui devrait offrir un balai d’étoiles filantes. L’occasion parfaite de faire des photos mettant en scène Swan et Lemmon, la Voie lactée – visible dans la même direction que les comètes – et des étoiles filantes.
Pour prendre de beaux clichés, un simple smartphone et son mode nuit suffisent. Une fois le téléphone pointé vers la bonne zone du ciel, une pose longue de trente secondes ou une minute, voire plus si besoin, permet de photographier le ciel et ses objets, à condition de ne pas bouger (l’utilisation d’un trépied et d’une télécommande pour déclencher est conseillée).
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