Le plus vieux fromage du monde identifié dans des tombes datant de l’âge de bronze
découverte•Ces échantillons de fromage attestent du régime alimentaire de nos ancêtres et sont étonnamment proches du kéfir tel qu’il est encore fabriqué aujourd’hui20 Minutes avec agence
Cette fois, il y a de quoi en faire tout un fromage. Des chercheurs chinois ont à nouveau confirmé dans un article publié dans la revue Cell mercredi la présence d’échantillons de fromage vieux de près de 3.600 ans dans des tombes du cimetière du peuple Xiaohe, dans le bassin du Tarim (Chine).
Leur analyse poussée a permis d’identifier formellement qu’il s’agit de kéfir. Elle apporte de nouvelles informations quant à la place et à la diffusion du fromage dans les sociétés humaines à l’âge de bronze, rapporte ScienceAlert.
« Il s’agit de l’échantillon de fromage le plus ancien jamais découvert dans le monde », a commenté le paléontologue Qiaomei Fu de l’Académie chinoise des sciences, directeur de l’étude, qui a parlé d’une découverte « rare et précieuse ». Elle donne de précieux renseignements sur le régime alimentaire et la culture de ce peuple à cette époque, alors que l’on estime que l’invention du fromage remonte quant à elle à 7.000 ans.
Des bactéries encore utilisées aujourd’hui
Dans le détail, l’analyse ADN réalisée a permis de remarquer la présence de lait de vache et de chèvre, mais aussi de certaines bactéries et levures. Parmi elles, on retrouve la bactérie Lactobacillus kefiranofaciens, qui est encore utilisée aujourd’hui pour fabriquer le kéfir. Plus précisément, si les souches les plus utilisées aujourd’hui sont issues de Russie, ici, le lien a été fait avec une autre souche, originaire quant à elle du Tibet. Les bactéries auraient donc voyagé de Russie depuis le Tibet, ce qui pourrait redéfinir l’endroit d’origine du kéfir, actuellement uniquement estimé aux montagnes du Caucase, souligne Scimex.
La présence de ce fromage kéfir montre également que nos ancêtres utilisaient déjà la fermentation issue des bactéries à leur avantage. Ce procédé permettait de conserver le lait produit par le bétail plus longtemps, mais aussi de le rendre plus digeste pour les intolérants au lactose, beaucoup plus nombreux durant l’Antiquité. Le fromage était ainsi considéré comme un mets de choix. Sa présence dans les tombes pourrait refléter la volonté de donner la possibilité de poursuivre la production du fromage dans l’au-delà.



















